Voyage pittoresque dans l'Empire ottoman, en Grèce, dans la Troade, les îles de l'Archipel et sur les côtes de l'Asie-mineure, Volume 2

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Page 101 - On sent bien cependant que l'hospitalité, eu honneur chez tous les peuples de l'Orient quelle que soit leur croyance , doit recevoir une teinte particulière des mœurs de chacun de ces peuples. Chez les Arabes , elle porte l'empreinte de leur simplicité et de leur indépendance : celle des Turcs a quelque chose de contraint et d'austère comme eux; ils laissent trop souvent apercevoir l'embarras qu'ils éprouvent , en admettant des étrangers dont ils redoutent l'indiscrétion : on voit qu'en...
Page 99 - Mussaiir(i); on dirait qu'il apporte une heureuse nouvelle; on se fait un sujet de joie de sa présence ; et déjà il est bien sûr que rien ne sera négligé de ce qui peut lui rendre son séjour agréable ; c'est un devoir rigoureux de le garder au moins trois jours, de tuer pour lui l'agneau le plus gras ; le Mussafir est invité à porter le premier la main au plat , à...
Page 101 - ... des étrangers dont ils redoutent l'indiscrétion : on voit qu'en vous recevant, c'est un devoir qu'ils remplissent. Chez les Grecs, au contraire, c'est réellement une fête qu'ils célèbrent , et l'on est frappé de ce contraste, surtout dans les îles où ils ont conservé plus fidèlement leurs usages, où ils ne sont pas alarmés par la présence de leurs tyrans, et par la nécessité de cacher leur aisance à. la rapacité, qui les épie. A la vue d'un bateau entrant dans le port de* Naxos,...
Page 96 - ... religions se rapprochent pour leur intérêt commun. Un vieillard, inspecteur du Khan, chargé d'y maintenir le bon ordre, est assis à l'entrée ; il accueille les voyageurs, leur rend le salut et les vœux qu'ils lui adressent; il s'informe de ceux qu'il n'aperçoit point encore : tous se félicitent de le revoir, et le traitent avec égards; il veille aux intérêts de ses hôtes, assigne les places, prévient les discordes. Et si, à la suite de ces riches convois, venus des régions lointaines,...
Page 98 - Arabes pourraient encore aujourd'hui prendre, comme Job, le ciel à témoin de leur attachement à ces principes révérés; les usages qui leur sont particuliers remontent, comme eux, jusqu'aux premiers âges du monde. Le voyageur, après quelques expressions réciproques de bienveillance, offre un léger présent, toujours reçu avec un sentiment religieux : un don considérable serait repoussé comme une insulte ; et si, à la fin d'un long voyage, il se trouve avoir distribué les productions...
Page 100 - ... l'étranger qu'il aura reçu; la famille entière périra plutôt pour le défendre, pour se préserver de l'affront d'avoir laissé insulter un de ses hôtes; et, à l'abri de ce titre sacré, le voyageur traversera le désert au milieu des hordes ennemies, protègé à la fois par l'honneur -et la religion.
Page 248 - On aurait pu, sans aucune peine, transporter les vaisseaux d'une mer à l'autre , par-dessus l'isthme; mais il aima mieux faire creuser un canal de communication avec la mer, qui fût assez large pour que deux trirèmes pussent y voguer de front...
Page 99 - ... est invité à porter le premier la main au plat, à se croire le maître de la maison; et, d'après un usage général , c'est lui qui doit faire les honneurs du repas qu'on lui donne, et offrir le premier morceau à celui qui le nourrit : son hôte le remercie d'avoir choisi sa demeure, et se félicite du bonheur dont cette préférence lui semble le présage. Les...
Page 96 - ... variés, des armes , des figures différentes; le mouvement est général; on parle à la fois plusieurs langues; on se retrouve avec surprise; on se reconnaît avec joie; les uns proposent des marchés; les autres s'interrogent sur les dangers de la route : toutes les nations , toutes les religions se rapprochent pour leur intérêt commun. Un vieillard, inspecteur du Khan, chargé d'y maintenir le bon ordre , est assis à l'entrée ; il accueille...
Page 248 - Lorsque le canal se trouva à une certaine profondeur, ceux qui étaient au fond continuaient à creuser, les autres remettaient la terre à ceux qui étaient sur des échelles. Ceuxci se la passaient de main en main jusqu'à ce qu'on fût venu à ceux qui étaient tout au haut du canal ; alors ces derniers la transportaient et la jetaient ailleurs. Les bords du canal s'éboulèrent, excepté dans la partie confiée aux Phéniciens, et donnèrent aux travailleurs double peine.

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