Wallstein: tragédie; précédée de quelques réflexions sur le théâtre allemand, et suivie de notes histoirques

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1809
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Page xlii - Tout l'univers s'adresse à l'homme dans un langage ineffable qui se fait entendre dans l'intérieur de son âme, dans une partie de son être inconnue à lui-même, et qui tient à la fois des sens et de la pensée.
Page xli - Une grande correspondance existe entre tous les êtres moraux et physiques. Il n'ya personne, je le pense, qui, laissant errer ses regards sur un horizon sans bornes, ou se promenant sur les rives de la mer que viennent battre les vagues, ou levant les yeux vers le firmament parsemé d'étoiles, n'ait éprouvé une sorte d'émotion qu'il lui était impossible d'analyser ou de définir.
Page vi - De cela seul que trente millions de sujets se trouvèrent répartis sous un assez grand nombre de princes indépendans les uns des autres , et dont l'autorité , sans bornes en apparence , était limitée de fait par la petitesse de leurs possessions , il résulta pour ces trente millions d'hommes une existence ordinairement paisible , une assez grande sécurité , une liberté d'opinion presque complète , et la possibilité , pour la partie éclairée de cette société , de se livrer à la culture...
Page xli - Elle a cependant ses racines dans le cœur-dé l'homme, et la philosophie elle-même, lorsqu'elle s'obstine à n'en pas tenir compte, est superficielle et présomptueuse. La nature n'a point fait de l'homme un être isolé, destiné seulement à cultiver la terre et à la peupler, et n'ayant, avec tout ce qui...
Page xxxvi - Les Français', même dans celles de leurs tragédies qui sont fondées sur la tradition ou sur l'histoire, ne peignent qu'un fait ou une passion. Les Allemands, dans les leurs, peignent une vie entière et un caractère entier. Quand je dis qu'ils peignent une vie entière, je ne veux pas dire qu'ils embrassent dans leurs pièces toute la vie de leurs héros ; mais ils n'en omettent aucun événement important, et la réunion de ce qui se passe sur la scène et de ce que le spectateur apprend par...
Page xxvii - Toutes les fois que les tragiques français ont voulu transporter sur notre théâtre des moyens empruntés des théâtres étrangers, ils ont été plus prodigues de ces moyens, plus bizarres, plus exagérés dans leur usage, que les étrangers qu'ils imitaient. Je pense donc que c'est sagement et avec raison que nous avons refusé à nos écrivains dramatiques la liberté que les Allemands et les Anglais accordent aux leurs, celle de produire des effets variés par la musique, les rencontres fortuites,...
Page xxxvi - Français ont un besoin d'unité qui leur fait suivre une autre route. Ils repoussent des caractères tout ce qui ne sert pas à faire ressortir la passion qu'ils veulent peindre : ils suppriment de la vie antérieure de leurs héros tout ce qui ne s'enchaîne pas nécessairement au fait qu'ils ont choisi.
Page xxxiv - Schiller, une seule scène que j'aie conservée en entier. Il y en a quelques-unes dans ma pièce dont l'idée même n'est pas dans Schiller. Il ya quarante-huit acteurs dans l'original allemand, il n'y en a que douze dans mon ouvrage. L'unité de temps et de lieu, que j'ai voulu observer, quoique Schiller s'en fût écarté, suivant l'usage de son pays, m'a forcé à tout bouleverser et à tout refondre.
Page 43 - Toutefois la con(i) 11 est pour les mortels, des jours mystérieux, Où, des liens du corps notre âme dégagée, Au sein de l'avenir est tout à coup plongée, Et saisit, je ne sais par quel heureux effort, Le droit inattendu d'interroger le sort. La nuit qui précéda la sanglante journée Qui du héros du nord trancha la destinée, Je veillois au milieu des guerriers endormis.
Page li - Eu empruntant de la scène allemande un de ses ouvrages les plus célèbres, pour l'adapter aux formes reçues dans notre littérature , je crois avoir donné un exemple utile.

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