Œuvres de Molière, Volume 12

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Hachette et cie., 1900
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Page 16 - Pour de l'esprit, j'en ai, sans doute, et du bon goût, A juger sans étude et raisonner de tout ; A faire, aux nouveautés dont je suis idolâtre, Figure de savant sur les bancs du théâtre, Y décider en chef et faire du fracas A tous les beaux endroits qui méritent des ahs.
Page 66 - Sur les démangeaisons qui nous prennent d'écrire ; Qu'il doit tenir la bride aux grands empressements Qu'on a de faire éclat de tels amusements, Et que, par la chaleur de montrer ses ouvrages, On s'expose à jouer de mauvais personnages.
Page 104 - Ce sont les noms des mots ; et l'on doit regarder En quoi c'est qu'il les faut faire ensemble accorder.
Page clxiv - Il n'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes, Qu'une femme étudie et sache tant de choses. Former aux bonnes mœurs l'esprit de ses enfants, Faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens, Et régler la dépense avec économie, Doit être son étude et sa philosophie.
Page cxxxviii - Suis-moi , je t'impose silence. C'est trop me fatiguer l'esprit ; Et je suis un vrai fou d'avoir la patience D'écouter d'un valet les sottises qu'il dit. SOSIE, à part. Tous les discours sont des sottises , Partant d'un homme sans éclat : Ce seraient paroles exquises Si c'était un grand qui parlât.
Page 349 - Lorsqu'on a des personnes à faire parler en musique, il faut bien que, pour la vraisemblance, on donne dans la bergerie. Le chant a été de tout temps affecté aux bergers ; et il n'est guère naturel, en dialogue, que des princes ou des bourgeois chantent leurs passions.
Page lxxxvii - On se sent à ces vers, jusques au fond de l'âme, Couler je ne sais quoi qui fait que l'on se pâme.
Page cxi - Assaisonné du sel de nos grâces antiques, Et non du fade goût des ornements gothiques, Ces monstres odieux des siècles ignorants, Que de la barbarie ont produits les torrents, Quand leur cours, inondant presque toute la terre, Fit à la politesse une mortelle guerre, Et, de la grande Rome abattant les remparts, Vint avec son empire étouffer les beaux arts.
Page 444 - Jourdain. Tout ce que je pourrai ; car j'ai toutes les envies du monde d'être savant; et j'enrage que mon père et ma mère ne m'aient pas fait bien étudier dans toutes les sciences, quand j'étais jeune.
Page 384 - D'avoir, par une injuste loi, Dont on veut maintenir l'usage, A chaque dieu, dans son emploi, Donné quelque allure en partage, Et de me laisser à pied, moi, Comme un messager de village; Moi qui suis, comme on sait, en terre et dans les cieux, Le fameux messager du souverain des dieux...

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