De l'homme, de ses facultés intellectuelles, et de ses idées premières et fondamentales par A.C. Rivarol. Suivi de son Discours sur l'universalité de la langue française

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Popular passages

Page 34 - Il est bon de ne pas donner trop de vêtements à sa pensée: il faut, pour ainsi dire, voyager dans les langues, et, après avoir savouré le goût des plus célèbres, se renfermer dans la sienne.
Page 189 - Romains, et leur histoire l'eût consacrée comme une de ses belles époques : jamais en effet pareil hommage ne fut rendu à un peuple plus poli, par une nation plus éclairée. Le temps semble être venu de dire le monde français, comme autrefois le monde romain...
Page 86 - L'homme qui n'aurait strictement que de l'esprit, ne laisserait que ses idées: mais l'homme à talent ne peut rien céder de ce qu'il fait: il a, pour ainsi dire, placé ses fonds dans la facon de ses ouvrages.
Page 30 - Il ya des pièges et des surprises dans les langues à inversions; le lecteur reste suspendu dans une phrase latine, comme un voyageur devant des routes qui se croisent; il attend que...
Page 29 - Les métaphores des poètes étrangers ont toujours un degré de plus que les nôtres; ils serrent le style figuré de plus près, et leur poésie est plus haute en couleur. Il est généralement vrai que les figures orientales étaient folles; que celles des Grecs et des Latins ont été hardies, et que les nôtres sont simplement justes. Il faut donc que le poète français plaise par la pensée, par une élégance continue, par des mouvements heureux, par des alliances de mots.
Page 190 - ... peu cette latinité, et en furent corrompus à leur tour. De ce mélange naquit cette multitude de patois qui vivent encore dans nos provinces. L'un d'eux devait un jour être la langue française.
Page 39 - ... plus parler sans lui. Ayant caché le despotisme de l'esprit sous des grâces toujours nouvelles, il devint une puissance en Europe et fut pour elle le Français par excellence, lorsqu'il était pour les Français l'homme de tous les lieux et de tous les siècles. Il joignit enfin à l'universalité de sa langue son universalité personnelle; et c'est un problème de plus pour la postérité.
Page xvii - Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète...
Page 191 - Si le provençal, qui n'a que des sons pleins, eût prévalu, il aurait donné au français l'éclat de l'espagnol et de l'italien; mais le midi de la France, toujours sans capitale et sans roi, ne put soutenir la concurrence du nord, et l'influence du patois picard s'accrut avec celle de la couronne. C'est donc le génie clair et méthodique de ce jargon et sa prononciation un peu sourde, qui dominent aujourd'hui dans la langue française.
Page 78 - Je dis vite, car la vivacité est son essence ; un trait et un éclair sont ses emblèmes. Observez que je parle de la rapidité de l'idée , et non de celle du temps que peut avoir coûté sa poursuite... Le génie lui-même doit ses plus beaux traits tantôt à une profonde méditation et tantôt à des inspirations soudaines. Mais, dans le monde , l'esprit est toujours improvisateur ; il ne demande ni délai ni rendez-vous pour dire un mot heureux. Il bat plus vite que le simple bon sens ; il...

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