Mémoires du général Bon. Thiébault, Volume 4

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E. Plon, Nourrit et cie, 1895 - France
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Page 433 - Désirable partout, elle était inappréciable au milieu de ces Espagnoles de province, dont les plus huppées n'approchaient pas de l'instruction et des manières de nos femmes de chambre de bonne maison. C'était donc tout ce que notre siècle avait pu produire d'aimable, de lettré, de brillant ; c'était un des premiers salons de Paris transporté au milieu d'une population qui semblait appartenir aux temps écoulés ; et, plus encore qu'une société, c'était une femme dont le caractère égalait...
Page 439 - Salamanque une table (1) assez pareille à la mienne : deux fois trois plats et cinq assiettes de dessert, et cet ordinaire lui coûtait neuf fois plus; elle n'avait aucun luxe de toilette et on lui faisait payer 1,500 francs par mois pour frais de blanchissage.
Page 249 - Nous n'avions que des conscrits. NAPOLÉON. — Sous de bons chefs, les conscrits font toujours de bons soldats. LEGENDRE. — Nous voulions sauver l'artillerie. NAPOLÉON. — Ce n'est pas l'artillerie que vous vouliez sauver, ce sont vos fourgons, c'est-à-dire le produit de vos rapines. Et...
Page 42 - ... mère de la maréchale Lobau et de la comtesse Klein, et deux des dames de l'Impératrice; or, au sujet de ses filles et sans que je me rappelle l'àpropos, la comtesse d'Arberg dit au petit Napoléon : « Monseigneur, je les recommande à vos bontés. » A ces mots, cet enfant, âgé de quatre à cinq ans, je crois, la fixe, mais d'un regard que je n'avais vu qu'à l'Empereur, et, après un moment d'étonnement et de silence : « Madame, répondit-il, c'est à ces dames d'avoir des bontés pour...
Page 401 - ... la faiblesse de l'Empereur; pour faire la fortune de qui que ce fût, Berthier n'avait qu'à dire : « Sire, c'est un homme que Votre Majesté fera tuer quand elle voudra. » Certes c'est une qualité pour un officier de housards; mais, pour un général en chef, qu'est-ce que le bras sans la tète et sans des mérites dont ce Dorsenne était totalement privé? Il y avait même en lui des contrastes singulièrement choquants. Avec une figure fine, ce n'était qu'un sot; avec une figure agréable,...
Page 527 - Mon cher général », me bégaya-t-il du haut de ses six pieds un ou deux pouces, et avec cette assurance naturelle vis-à-vis d'un homme qu'il avait dû avoir pour aide de camp il y avait dix-huit ans, « faites vite reprendre les armes à votre division et réattaquons l'ennemi. » Je devinai son motif. Le plus ancien des généraux de division employé dans nos armées, il ne pouvait combattre nulle part sans qu'il eût joué son rôle; il sortait d'un état de disgrâce, et, pour obtenir les...
Page 440 - ... sujets les plus variés. Bien souvent elle nous étonnait. Un soir, entre autres, la causerie s'étant tournée vers l'art théâtral, la duchesse s'empara du sujet et en vint à un parallèle entre le théâtre des anciens et celui des modernes. Elle parla plus d'une heure et nous laissa, M. Luuyt et moi, stupéfaits de l'érudition et de l'indicible puissance d'observation dont elle fit preuve, mais encore de l'ordre qu'elle mit dans cette péroraison, de l'enchaînement de ses idées et de...
Page 261 - Eh bien, medit-il, après un simple « Bonjour, monsieur » , vous avez donc capitulé avec les Anglais et évacué le Portugal. Thiébault. — Sire, le duc d'Abrantès n'a cédé qu'à la nécessité, et il a forcé à un traité honorable des gens qui, commandés par lui, ne nous auraient pas accordé une capitulation. Napoléon. — Ce qui s'est passé à Lisbonne n'est que la conséquence de ce qui s'est passé à Vimeiro. C'est là, monsieur, que vous deviez battre l'ennemi, et que vous l'auriez...
Page 249 - Ier l'a été, il l'a été avec honneur. » Il fallait, comme le maréchal Mortier à Krems, se faire jour à travers les lignes ennemies ; mais, pour cela, il fallait arriver en masse et non par lambeaux, marcher en colonne et non se déployer, engager une mêlée et non combattre en ligne, brusquer la lutte et non la prolonger. » Mais, quand la victoire eût été impossible, il fallait encore vendre sa vie ! » On n'est militaire que quand on préfère la mort à l'ignominie Il faut qu'un soldat...

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