Un cheval de Phidias: --causeries athéniennes--

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Michel Lévy frères, 1864 - 342 pages
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Page 279 - ... c'est d'elle seule que les hommes bienheureux sont nourris; elle sort d'eux et elle y entre ; elle les pénètre et s'incorpore à eux comme les aliments s'incorporent à nous. Ils la voient , ils la sentent, ils la respirent ; elle fait naître en eux une source intarissable de paix et de joie.
Page 279 - Ils chantent les louanges des dieux, et ils ne font, tous ensemble, qu'une seule voix, une seule pensée , un seul cœur : une même félicité fait comme un flux et reflux dans ces âmes unies.
Page 95 - La largeur de la poitrine, nécessaire également pour la force et la beauté, fera d'ailleurs que les jambes , bien séparées l'une de l'autre , ne se croiseront point dans leur mouvement. A partir de la poitrine, que le col ne tombe pas en avant, comme au sanglier, mais qu'il s'élève, comme dans le coq, droit au toupet, et qu'il soit échancré profondément en dessous , à l'endroit de l'inflexion. Que la...
Page 144 - Si quelqu'un montant un bon cheval de guerre, veut le faire paraître avantageusement , et prendre les plus belles allures , qu'il se garde bien de le tourmenter, soit en lui tirant la bride, soit en le pinçant de l'éperon ou le frappant avec un...
Page 132 - Je dis qu'il n'est presque aucun animal qui, lorsqu'il est jeune, puisse tenir son corps ou sa langue dans un état tranquille, et ne fasse sans cesse des efforts pour se mouvoir et pour crier; aussi voit-on les uns sauter et bondir, comme si je ne sais quelle impression de plaisir les portait à danser et à folâtrer, tandis que les autres font retentir l'air de mille cris différents. Mais aucun animal n'a le sentiment de l'ordre ou du désordre dans les mouvements et de ce que nous appelons mesure...
Page 146 - ... jusqu'à le faire suer, et que dès qu'il s'enlève bien on le descende et le débride, on peut compter qu'après cela il en viendra volontiers à s'enlever de même lorsqu'il sera monté. Tels sont les chevaux qu'on représente portant les dieux et les héros, et ceux qui les savent manier se font grand honneur. Le cheval dans ses airs est une chose en effet si belle, si gracieuse, si aimable, que lorsqu'il s'enlève ainsi sous la main du cavalier, il attire les regards de tout le monde; il...
Page 269 - Il est né tranquille, le pauvre hère, et la mort ne lui fera pas événement, car il s'est arrangé à mourir d'avance. Et malheur aussi à celui qui demande aux Muses de le plonger dans d'oisives et languissantes rêveries! Car les passions qu'inspire un art sain sont des principes d'action ; je veux dire qu'elles tiennent de la joie, laquelle n'est pas un repos, mais la suprême activité de l'âme. Loin de respecter notre repos, Sophocle et Phidias excitent en nous des aspirations infinies comme...
Page 77 - ... raisonnable, il est devenu plus grec, comme si la Grèce et la raison étaient les deux noms d'une même chose et que les modernes ne pussent faire un progrès sans se rapprocher par là de ces Athéniens qui raisonnaient si bien sur toutes choses, hormis sur l'administration de leurs petites affaires. Je ne veux pas entrer ici dans le détail de toutes les variations auxquelles fut sujet le goût en ce qui concerne l'idéal de la beauté chevaline. Il en est qui sont de peu de conséquence et...
Page 145 - Quant à nous, nous croyons, et nous ne cesserons de répéter, que la meilleure méthode pour instruire un cheval, c'est de lui accorder quelque relâche dès qu'il a fait ce qu'on exige; car, comme dit Simon, ce qu'un cheval fait par force, il ne l'apprend pas, et cela ne peut être beau, non plus que si on voulait faire danser un homme à coups de fouet et d'aiguillon : les mauvais traitements ne produiront jamais que maladresse et mauvaise grâce. Il faut que le cheval, au moyen des aides, prenne...
Page 133 - Mais aucun animal n'a le sentiment de l'ordre ou du désordre dans les mouvements , et de ce que nous appelons mesure et harmonie ; tandis que ces mêmes divinités qui président à nos fêtes nous ont donné le sentiment de la mesure et de l'harmonie avec celui du plaisir. Ce sentiment règle nos mouvements sous la direction de ces dieux, et nous apprend à former entre nous une espèce de chaîne par le chant et la danse; de là le nom de chœur, dérivé naturellement du mot grec qui signifie...

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