Vie de Rossini

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M. Lévy, 1854 - 375 pages
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Page 355 - ... j'ai perdu mon Eurydice. Et comment voudriezvous après cela que je pusse y comparer la Fausse Magie? Comment pouvoir comparer ce qui ne fait que plaire et attacher, à ce qui remplit l'âme, à ce qui la pénètre, à ce qui la bouleverse ? comment comparer l'esprit à la passion ? comment comparer un plaisir vif et animé à cette mélancolie douce, qui fait presque de la douleur une jouissance ? Oh ! non , je ne compare rien , et je jouis de tout. Et vous appelez cela des contradictions dans...
Page 185 - La musique est incapable de parler vite; elle peut peindre les nuances de passions les plus fugitives , des nuances qui échapperaient à la plume des plus grands écrivains ; on peut même dire que son empire commence où finit celui de la parole; mais ce qu'elle peint , elle ne peut pas le montrer à moitié.
Page 54 - Algeri, il était dans la fleur du génie et de la jeunesse: il ne craignait pas de se répéter; il ne cherchait pas à faire de la musique forte; il vivait dans cet aimable pays de Venise, le plus gai de l'Italie et peutêtre du monde, et certainement le moins pédant.
Page 276 - Il me semble, que si dans un moment de tranquillité pensive et de douce mélancolie, nous voulons interroger notre âme avec soin, nous y lirons que le charme de la voix provient de deux causes : 1° La teinte de passion, qu'il est impossible qu'une voix ne porte pas dans ce qu'elle chante. La voix des cantatrices les plus froides, mesdames Camporesi, Fodor, Festa, etc., exprime toujours, à défaut d'autre sentiment, une certaine joie vague.
Page 1 - Depuis la mort de Napoléon, il s'est trouvé un autre homme duquel on parle tous les jours à Moscou comme à Naples, à Londres comme à Vienne, à Paris comme à Calcutta *. La gloire de cet homme ne connaît d'autres bornes que celles de la civilisation...
Page 259 - ... ne peuvent exister que dans le chant, et que ce sont ces nuances qui produisent les miracles de la musique, miracles que l'on prête ensuite aux instruments dans le discours ordinaire, mais qu'ils sont incapables de faire naître.
Page 41 - Curiaces. Rossini, suivant, sans s'en douter, les traces de Canova, a substitué de l'élégance à cette force, si utile et si estimée dans la Grèce antique ; il a compris la tendance de son siècle, il s'est écarté du beau idéal de Cimarosa, précisément comme Canova a osé s'écarter du beau idéal antique 1.
Page 241 - Rossini semble plutôt avoir deviné la science que l'avoir apprise, tant il la domine avec hardiesse. Le succès de cet opéra à Naples fut immense, et de plus éminemment français. Tout bon Parisien , en couvrant d'applaudissements une scène de Racine ou de Voltaire, jouit intérieurement, et s'applaudit encore plus luimême de ses connaissances en littérature et de la sûreté de sou goût.
Page 95 - Mozart ) Je mets ces deux grands noms ensemble ; par l'effet combiné de l'éloignement des lieux, de la difficulté de lire Mozart, et du mépris des Italiens pour les artistes étrangers, on peut dire que Mozart et Rossini ont débuté ensemble en Italie vers l'an 1812. Aujourd'hui il ya un maestro qui fait oublier l'auteur de Tancrède : c'est celui de la Gazza ladra, de Zelmire, de Sémiramis, de M osé, d'Otello ; c'est le Rossini de 1820 *. 1.
Page 50 - Vhonneur moderne * dans toute sa pureté, et voilà ce qu'aucun maestro italien n'aurait eu l'idée de faire avant Arcole et Lodi. Ces mots sont les premiers que Rossini ait entendu prononcer autour de son berceau ; ces noms sublimes sont de 1796 ; Rossini avait cinq ans, il put voir passer à Pesaro ces immortelles demi-brigades de...

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