Correspondance de P.-J. Proudhon, Volume 8

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Page 10 - ... ...Cette vie ne pouvait durer; la Cour d'assises m'envoya, avec l'autorisation de l'Assemblée en prison pour trois ans. En me traitant avec cette rigueur, les juges me sauvèrent la vie. Depuis près de cinq ans que fut prononcée ma condamnation, j'ai beaucoup travaillé, beaucoup vu, beaucoup appris; je n'ai pas changé, sans doute, mais je suis devenu tout ce que je puis être; et j'espère...
Page 223 - D'une extrémité à l'autre de l'Europe, la même pensée, le même éclair illuminent tous les cœurs libres. Sans nous parler et sans nous écrire, que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas, nous sommes l'un à l'autre des collaborateurs. Je ne saurais, quant à présent, vous faire un article ; mais ce qui est impraticable aujourd'hui peut se réaliser demain, et, dans tous les cas, mort ou vif, je suis, je reste un des rédacteurs honoraires de L'Étoile russe.
Page 225 - Appuyons l'œuvre émancipatrice d'où qu'elle vienne et de quelque manière qu'elle se produise ; combattons le préjugé sans ménagement, même chez nos coreligionnaires et nos frères. Si les nouvelles publiées de tous côtés par les journaux sont véritables, voici déjà que le tsar Alexandre rend à la Pologne une partie de la plus précieuse de ses libertés. Comme si le tsar lui-même avait voulu accomplir la prédiction de votre prospectus ! Tandis que l'Occident combattant pour la Turquie...
Page 12 - ... ma mère morte, je me trouvais sans famille ; parce que, le croiras-tu ! à défaut d'amour, j'avais la fantaisie du ménage et de la PATERNITÉ ! Je n'ai pas fait d'autres réflexions. Depuis quatre ans, la reconnaissance de ma femme m'a valu trois petites filles, blondes et vermeilles, que leur mère a nourries et élevées elle-même, et dont l'existence remplit aujourd'hui presque toute mon âme. Qu'on me dise tant qu'on voudra que je me suis conduit avec imprudence ; qu'il ne suffit pas...
Page 43 - J'étais sous le coup d'une de ces intuitions comme il m'en arrive par instant?, et qui me font parler presque avec l'emportement des oracles. Eh bien, ce qui n'était alors qu'une intuition devient pour moi insensiblement une certitude. Oui, la voie où l'empire est engagé aboutit à une abdication, non plus en faveur d'un prince de la famille, mais en faveur du comte de Paris : sacereslo!
Page 201 - Je prévois un triomphe de plus pour cette « abominable aristocratie mercantile à laquelle bientôt il sera « défendu d'adresser la moindre critique : car l'empereur, « c'est l'Eglise, la saint-simonerie et la' juiverie, et puis rien « au-delà. Dans dix ans, le système...
Page 12 - ... elle-même et dont l'existence remplit aujourd'hui presque toute mon âme. Qu'on me dise tant qu'on voudra que je me suis conduit avec imprudence; qu'il ne suffit pas de mettre au monde des enfants, qu'il faut les élever, les doter; ce qui est sûr, c'est que la paternité a comblé en moi un vide immense; qu'elle m'a donné un lest qui me manquait et un ressort que je ne me suis jamais connu. Je regrette de n'avoir pas été, en 1848, père de famille depuis au moins cinq ou six ans!...
Page 66 - Bergmann, je devais répondre à ta dernière par quelques explications sur mes études historiques et économiques; je suis forcé d'ajourner cette lettre à une époque où je serai plus fort. Depuis trois semaines, j'ai été frappé par l'épidémie, et la mort m'a visité. J'ai perdu une de mes filles âgée de près de trois ans : elle a été comme foudroyée. Au moment où l'on enlevait le cadavre, j'étais sans mouvement, épuisé par la diarrhée, les vomissements, les prostrations. Enfin,...
Page 14 - Cet envoi silencieux de ta part, ces brochures sans adresse, sans signatures, m'ont frappé au cœur; tu m'as châtié, oublions tout. Donne-moi la main, et puisque, comme le philosophe ancien, qui disait : Mon ami dort, je m'en vais le réveiller; puisque, dis-je, tu es venu réveiller notre amitié, ne fais pas comme la Galatée de Virgile, quœ fugit ad salices.

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