Études françaises de littérature militaire: extraites des ouvrages de Frédéric II, Dumouriez, etc., dédiées a tous ceux qui se vouen à la carrière des armes

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Duncker et Humblot, 1855 - 478 pages
 

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Popular passages

Page 344 - ce calme qui, dans le péril, ne le quittait jamais. Pour échapper à cette vaste région de maux, il fallut encore qu'il dépassât un long convoi de poudre qui défilait au travers de ces feux. Ce ne fut pas son moindre danger, mais ce fut le dernier, et l'on arriva avec la nuit à Pétrowsky,
Page 343 - pénétrèrent jusqu'à l'empereur, et là, de leurs prières, de leurs gestes, à genoux, ils le pressent, et veulent l'arracher de ce lieu de désolation. Ce fut en vain. Napoléon, maître enfin du palais des czars, s'opiniâtrait à ne pas céder cette conquête, même à l'incendie, quand tout à coup un cri: e
Page 344 - plutôt comme l'entrée que comme la sortie de cet enfer. L'empereur s'élança à pied et sans hésiter dans ce dangereux passage. Il s'avança au travers du pétillement de ces brasiers, au bruit du craquement des voûtes et de la chute des poutres brûlantes et des toits de fer
Page 342 - faire lâcher prise. On se disait que ces bandits avaient été déchaînés par les chefs russes pour brûler Moscou; et qu'en effet, une si grande, une si extrême résolution, n'avait pu être prise que par le patriotisme, et exécutée que par le crime. Pendant que nos soldats luttaient encore avec l'incendie, et que l'armée disputait au feu cette proie,
Page 340 - notre insu, un magasin à poudre, mais, cette nuit-là même, les gardes, endormies et placées négligemment, avaient laissé tout un parc d'artillerie entrer et s'établir sous les fenêtres de Napoléon. C'était l'instant où ces flammes furieuses étaient dardées de toutes parts et avec le plus de violence sur le Kremlin; car le vent, sans doute attiré par cette
Page 338 - au centre de la ville, dans son plus riche quartier. Aussitôt il donne des ordres, il les multiplie. Le jour, venu, lui-même y court, il menace la jeune garde et Mortier! Ce maréchal lui montre des maisons couvertes de fer; elles sont toutes fermées, encore intactes, et sans la moindre effraction;
Page 338 - orgueil curieux et satisfait. Toutefois, il se fait rendre compte des ressources que présente la ville; et, dans ce court moment, tout à l'espérance, il écrit des paroles de paix à l'empereur Alexandre. Un officier supérieur ennemi venait d'être trouvé dans le grand hôpital ; il fut chargé de cette lettre. Ce fut à
Page 345 - Le lendemain matin, 17 septembre, Napoléon tourna ses premiers regards sur Moscou, espérant voir l'incendie se calmer. Il le revit dans toute sa violence : toute cette cité lui parut une vaste trombe de feu qui s'élevait en tourbillonnant jusqu'au ciel, et le colorait fortement. Absorbé par cette funeste contemplation, il ne sortit d'un morne et long silence que pour s'écrier:
Page 337 - Moscou envers et contre tous." Cette nuit fut triste: des rapports sinistres se succédaient. Il vint des Français, habitants de ce pays, et même un officier de la police russe, pour dénoncer l'incendie. Il donna tous les détails de ses préparatifs. L'empereur ému chercha vainement quelque repos. A
Page 344 - Il fallait pourtant se hâter. A chaque instant croissait autour de nous le mugissement des flammes. Une seule rue étroite, tortueuse et toute brûlante, s'oflrait plutôt comme l'entrée que comme la sortie de cet enfer. L'empereur s'élança à pied et sans hésiter dans ce dangereux passage. Il s'avança au travers du pétillement de ces brasiers, au bruit du craquement des voûtes

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