Mémoires de Benvenuto Cellini

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Le Normant, 1822 - 478 pages
 

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Page 280 - Ceilini fit une tentative de suicide, qui heureusement n'aboutit pas. La nuit suivante, il vit en songe un jeune homme d'une beauté merveilleuse qui lui dit, en ayant l'air de le gronder : Tu sais qui t'a donné la vie et tu veux la quitter avant le temps. « Il me semble, poursuit Benvenuto, que je lui répondis que je reconnaissais tous les bienfaits de Dieu. Pourquoi donc, repritil, veux-tu les détruire ? Laisse-toi conduire et ne perds pas l'espérance en sa divine bonté. Je vis alors, ajoute...
Page 420 - Dieu ! s'écrie-t-il, en se traînant à terre sur les genoux , mon Dieu , qui êtes ressuscité et monté au ciel , faites que mon moule se remplisse. » II a prié, il pleure, il blasphème encore, ses vœux sont déjà exaucés. «Oh ! alors, dit-il, je bus à longs traits avec toute ma brigade; je dévorai ce qui nous était servi sur une méchante escabelle ; et heureux et épuisé , je courus me remettre au lit sans me soucier de la fièvre.
Page 77 - ... vîmes l'armée du connétable qui faisait ses efforts pour pénétrer dans la ville de ce côté-là. Il avait déjà perdu plusieurs de ses gens, et le combat y était terrible. Je me tournai alors vers Alexandre (c'était le nom de Delbène), et je lui dis : « Allonsnous-en , car il n'ya pas de remède, vous voyez que les uns montent d'un côté et que ceux-ci fuient de l'autre. » Alexandre effrayé me répondit : « Plût à Dieu que nous ne fussions pas venus ici. — Ce1 « A l'aspect...
Page 286 - Qui habitat in adjutorio , et je m'entretins un moment avec Dieu ; et la même voix me dit : Va te reposer à présent , et sois sans .crainte. Dans le même instant, le châtelain, ayant donné l'ordre de me faire mourir, changea soudain de sentiment, en disant : N'est-ce pas le même Benvenuto que j'ai tant défendu, et dont je connois toute l'innocence ? Comment Dieu me pardonnera-t-il, si je ne pardonne moi-même?
Page 80 - ... furent placées sur le lieu le plus élevé qu'on appelait l'Ange. C'est une plate-forme qui fait le tour du château, d'où l'on voit Rome et les prés de revers. J'eus plusieurs bombardiers sous mes ordres. Il m'assigna une paye et des vivres, et me recommanda de continuer comme j'avais commencé. Je fis jouer mes pièces de canon sans relâche pendant un mois entier que nous fûmes assiégés, et il m'arriva des choses dignes d'être racontées, etc.
Page 444 - Deux jours après , voyant que les éloges alloient toujours en croissant, je me disposai à aller voir le duc, qui m'adressa ces gracieuses paroles : Mon cher Benvenuto, vous avez satisfait moi et tout le public; je vous promets de vous rendre content à votre tour, d'une manière qui vous étonnera , avant que deux jours soient passés. Ces belles promesses firent tourner vers Dieu toutes les facultés de mon âme, et je baisai le pan de l'habit de Son Excellence , les larmes. aux yeux. Je...
Page 30 - ... servir de socle à une salière pour la table du cardinal. Cet ouvrage fut le premier qui m'apporta quelque profit à Rome. Une partie de mon gain fut envoyée à mon père , et l'autre me servit à vivre libre, pour pouvoir dessiner des morceaux d'antiquité , jusqu'à ce que ma bourse étant vide, je fus obligé de me remettre en boutique pour me procurer un nouveau gain.
Page 46 - M'étant éveillé, je fus si effrayé, que je courus me faire inscrire dans les musiciens de Sa Sainteté. Depuis, j'écrivis mon songe à mon père , qui faillit en mourir de joie , et qui , quelque temps après, me fit savoir qu'il avoit fait un songe tout semblable.
Page 31 - Je lui demandai de l'argent qu'il me devoit : mais sa réponse fut de se moquer de moi. Hé bien , sachez, lui' dis-je , que si j'ai su me servir de mes outils pour faire les ouvrages que vous m'avez commandés , je saurai me servir de mon épée pour me les faire payer. Ces paroles furent entendues par Antoine de Saint-Marin, le premier orfèvre de Rome. Il écouta mes raisons , prit ma défense, et me fit payer. La querelle fut assez vive , car Firenzola étoit un férailleur ; mais j'avois pour...
Page 100 - ... un signe de la main pour qu'on se retirât; et je lui parlai ainsi : Très-Saint-Père , depuis le sac de Rome , je n'ai pu ni me confesser, ni recevoir la communion, parce qu'on n'a point voulu m'absoudre. La raison en est que , lorsque j'eus fondu l'or de vos joyaux et celui de votre tiare , le cavalier que.Vous aviez chargé de me récompenser de toutes mes peines , me paya avec des sottises.

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