Aux lumières de Paris

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G. Crès et cie, 1925 - Paris (France) - 208 pages
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Popular passages

Page 2 - Villon, le talent en moins, se mêlèrent aux environs de l'année 1900 au bas peuple des petits cabarets de Montmartre où l'on parlait familièrement un jargon d'argot extraordinairement fragile et fugitif. Il vaut mieux apprendre l'anglais ou l'allemand que le jargon des filles et de leurs hommes : ces langues vieillissent moins vite, gardent tout au moins une fraîcheur que l'on ne retrouve pas dans ces mots fanés jusqu'à la décomposition, qui parurent représenter la forme la plus secrète,...
Page 43 - ... cigarette, aux spiritueux, à l'automobile et à Mary Pickford. Aux exégètes de se débrouiller. Dès le crépuscule de la nuit, les lumières fleurissent et donnent à la ville un air de fête inquiétant, parce que l'on sent, dans cette exaspération du génie humain, comme une sorte de défi. Il semble, parfois, quand on contemple le ciel de Paris et ses constellations fabriquées, que l'équilibre des choses de la nature soit rompu. Je pense à la situation mélancolique de ceux qui habitent...
Page 4 - ... la neige on découvre les marbrures noires du sol avec ses ordures gelées, et que le gel rend prétentieuses, parce que, tout de même, ce ne sont pas des momies de Pharaons. On découvre ainsi son passé. Les faibles frissonnent et pensent :
Page 6 - Les autres retrouvent le goût terrible et séducteur de la misère, de la misère qui bourdonne en nous comme le feu central, et qui parfois crève l'enveloppe, fuse dans une sorte d'apothéose terrifiante qui fait dire aux voisins les moins solennels : « Ce pauvre X... vient de gâcher sa vie. » Si nous devons nous défendre contre une séduction, ce n'est pas contre la grande voiture silencieuse aux phares cosmogoniques dans le rayon desquels dansent les nébuleuses du Bois de Boulogne, c'est...
Page 188 - Paulus évoquait un pantalon rouge dans les bois de Meudon, les fox-trotts fameux : Chicago, Bébé, Sweet one, etc., chantent la présence des grandes filles souples, l'orgueil des firmes commerciales les plus tentaculaires, et qui montent, les bras chargés de dossiers, dans les ascenseurs étincelants. La femme, en travaillant, offre à l'amour la possibilité intellectuelle d'un renouveau provisoire. Le mot joli s'accole de plus en plus à la profession comme une caresse, ou tout au moins, comme...
Page 7 - ... un paradis unique. Il ya un paradis pour les filles et leurs maquereaux, un autre pour les victimes, un autre pour les témoins, un autre pour ceux qui jugent. Dans les uns et les autres, les hommes s'y attablent. Ils apportent avec eux leur joie et leur douleur, comme, dans certains « bistros » de Saint-Ouen, on apporte sa nourriture. Les paradis fournissent le vin. Maintenant que j'ai acquis la certitude qu'on ne reverra plus beaucoup ce film, je le mêle étroitement à ma jeunesse et je...
Page 3 - ... je sais que la matière d'un film sent déjà le cadavre au moment même où elle crée la vie, je m'abandonne plus facilement à mes goûts nordiques pour la charogne qu'on ne voit pas tout de suite. J'aime la neige pure et trompeuse, parce qu'en grattant avec les mains son blanc manteau, on finit souvent par découvrir le cadavre d'un chat, et, en temps de guerre, celui d'un homme, consciencieusement conservé dans l'horreur de son dernier regard.
Page 42 - ... apercevoir le fantastique social de notre temps. Il suffit d'errer la nuit pour comprendre que des lumières nouvelles ont créé une ombre nouvelle. Il existe encore dans Paris certaines rues où un homme seul, au milieu de la chaussée déserte ressemble à un personnage funambulesque et craintif, pour peu qu'un bec de gaz déjà ancien, prête à l'ombre de cet homme une personnalité fantaisiste qui dépasse celle du propriétaire de cet ombre. Mais la république bariolée des lumières...
Page 42 - ... fille publique aux yeux de poulpe. II. — LE FANTASTIQUE SOCIAL On peut dire que le cinéma nous a fait apercevoir le fantastique social de notre temps. Il suffit d'errer la nuit pour comprendre que des lumières nouvelles ont créé une ombre nouvelle. Il existe encore dans Paris certaines rues où un homme seul, au milieu de la chaussée déserte ressemble à un personnage funambulesque et craintif, pour peu qu'un bec de gaz déjà ancien, prête à l'ombre de cet homme une personnalité fantaisiste...
Page 44 - Mille plaquettes de luxe célèbrent aujourd'hui sa puissance plastique et le mystère crépitant des ondes qui traversent l'espace avec tous les mots qu'on leur a confiés. En levant la tête aux pieds de la Tour, on sait que le ciel est parsemé de dépêches et que la pensée des hommes, en quelque sorte matérialisée par le son, se mêle à l'Inconnu et le bouscule dans sa course disciplinée.

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