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faire un tort grave en Europe. J'ai voulu que les girofles arrivassent dans les principales places de consommation, et, quant aux droits d'entrée, j'ai désiré seulement obtenir qu'ils fussent acquittés sur le produit des ventes. C'était une demande assez simple, et vous en avez fait une affaire de tribut et de vexation. Je désire que vous me proposiez des mesures pour

redresser cette fausse direction donnée à l'opération. Les affaires des relations extérieures sont des affaires qui doivent se traiter longuement; vous devez toujours garder mes lettres trois ou quatre jours sous votre chevet avant de les faire partir.

Il est nécessaire que vous donniez des explications là-dessus au duc de Vicence; car je me souviens qu'on lui en a parlé, et je n'avais pas compris ce qu'on avait voulu lui dire. Profitez du courrier que vous expédiez aujourd'hui pour lui expliquer l'historique de cette affaire.

NAPOLÉON.

D'après l'original. Archives des affaires étrangères.

17538. — A M. DE CHAMPAGNY, DUC DE CADORE,

MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES, À Paris.

Paris, 1er avril 1811.

Monsieur le Duc de Cadore, il est nécessaire que vous fassiez partir un courrier pour Pétersbourg : 1° pour envoyer au duc de Vicence copie de la note que vous avez remise hier; 2° pour lui faire part des nouvelles que nous avons reçues de la marche de quatre divisions de Moldavie et de celle des divisions de Finlande et de Sibérie. Vous manderez au duc de Vicence que j'attends, pour connaître les dispositions de l'empereur Alexandre, sa réponse à ma lettre; que je désire savoir si, de part et d'autre, ces préparatifs doivent finir; que, dans l'incertitude, je suis obligé de me mettre en garde et d'envoyer des troupes à Danzig pour tenir cette place à l'abri de toute tentative. Vous lui ferez connaître ma dernière conversation avec les députés du conseil du commerce', ce que je leur ai dit pour les détourner de se lier désormais d'intérêt avec

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le commerce anglais : que l'Angleterre perdrait tous ceux qui s'attacheraient à elle; qu'elle ne pouvait espérer de soutenir ses excessives dépenses qu'en usurpant la souveraineté de tout l'univers, mais que je lui avais ôté cette souveraineté en parvenant à l'exclure de la partie de l'univers qui consomme davantage; que je savais le grand convoi qu'ils expédiaient en ce moment pour la Baltique; qu'à ce sujet des lettres arrivaient de tous côtés ; que dans ces lettres on faisait des propositions de commierce, on demandait des crédits; que je les prévenais bien de ne pas s'y fier; que ces marchandises seraient arrêtées partout, en Prusse, même en Russie, quelque chose qu'on leur dit, parce que l'empereur Alexandre avait déclaré vouloir rester en guerre contre l'Angleterre, comme seul moyen de maintenir la paix du continent; que sans doute les contrebandiers, qui sont actifs, trouveraient moyen

de
passer,

soit d'un côté, soit de l'autre, mais que cela ne pourrait pas être secret plus de quinze jours; qu'on le saurait, et qu'alors je ferais arrêter la contrebande partout où je pourrais la trouver; que sans doute les contrebandiers chercheraient de toute manière à nouer une trame avec le continent, mais que cette trame je la couperais avec mon épée si cela devenait nécessaire; que jusqu'à présent j'avais été indulgent, mais que cette année j'étais décidé à user de rigueur envers ceux qui feraient des affaires de contrebande. Vous rappellerez ce que j'ai dit à ce banquier genevois dont le fils a fait banqueroute : que son fils avait failli

pour

avoir escompté sur une partie du dernier convoi anglais de la Baltique.

Dans cette dépêche, vous ne parlerez pas du comte Lauriston.

Vous ferez bien remarquer au duc de Vicence que tous ces mouvements de troupes, c'est la Russie qui les a commencés; que nous n'en avons même fait aucun qui puisse justifier la marche de quatre divisions qui se portent de la Moldavie sur la frontière du Grand-Duché.

NAPOLÉON.

D'après l'original. Archives des affaires étrangères.

17539.-AU COMTE MOLLIEN,

MINISTRE DU TRÉSOR PUBLIC, À PARIS.

Paris, 1er avril 1811.

Monsieur le Comte Mollien, je vous envoie une lettre de M. l'architrésorier. Je ne puis croire que l'année 1810 ait un si grand déficit. D'ailleurs, mandez-lui donc que je ne puis arriver à rien tant qu'il ne me présentera pas un budget de recettes et de dépenses. Je ne sais ce qu'il veut me dire avec les 4 millions qu’on pourrait trouver avec des canons. Est-ce que je peux faire de l'argent avec des canons? Que ne me mande-t-il aussi que j'ai la valeur des digues! Peut-on avancer de telles pauvretés! Faites-lui comprendre que je n'ai pas d'argent à lui envoyer et qu'il faut qu'on trouve des ressources dans le pays.

NAPOLÉON.

D'après l'original comm. par Mme la comtesse Mollien.

17540. — AU VICE-AMIRAL COMTE DECRÈS,

MINISTRE DE LA MARINE,

À PARIS.

Paris, 1er avril 1811.

Je vous envoie une lettre de trente chasseurs de la Garde pris, il y a deux ans, avec le général Desnoëttes. Je vous prie d'en faire passer l'extrait au Transport-Office, de témoigner toute l'indignation qu’inspire une pareille conduite, et de demander catégoriquement que ces hommes soient traités plus humainement, en déclarant que, s'ils n'admettent pas cette demande, un pareil nombre d'Anglais sera plongé dans les cachots; qu'il y a bien de la lâcheté dans cette conduite envers de braves

que sans doute cette manière d'agir n'est pas connue du prince de Galles, car on ne saurait penser qu'il puisse lolérer une pareille bassesse, inconnue parmi les nations civilisées.

Je vous avais demandé une lettre sur le même traitement qu'on fait subir aux prisonniers sur les pontons. Vous ne me l'avez pas remise. Il est temps cependant de mettre un terme aux malheurs des prisonniers français.

gens, et

de

le commerce anglais : que l'Angleterre perdrait tous ceux qui s'attacheraient à elle; qu'elle ne pouvait espérer de soutenir ses excessives dépenses qu'en usurpant la souveraineté de tout l'univers, mais que je lui avais ôlé cette souveraineté en parvenant à l'exclure de la partie de l'univers qui consomme davantage; que je savais le grand convoi qu'ils expédiaient en ce moment pour la Baltique; qu'à ce sujet des lettres arrivaient de tous côtés ; que dans ces lettres on faisait des propositions de commerce, on demandait des crédits; que je les prévenais bien de ne pas s'y fier; que ces marchandises seraient arrétées partout, en Prusse. même en Russie, quelque chose qu'on leur dit, parce que l'empereur Alexandre avait déclaré vouloir rester en guerre contre l'Angleterre, comme seul moyen de maintenir la paix du continent; que sans doute les contrebandiers, qui sont actifs, trouveraient moyen passer,

soil d'un côté, soit de l'autre, mais que cela ne pourrait pas ètre secret plus de quinze jours; qu’on le saurait, et qu'alors je ferais arrêter la contrebande partout où je pourrais la trouver; que sans doute les contrebandiers chercheraient de toute manière à nouer une trame avec le continent, mais que cette trame je la couperais avec mon épée si cela devenait nécessaire; que jusqu'à présent j'avais été indulgent, mais que cette année j'étais décidé à user de rigueur envers ceux qui feraient des affaires de contrebande. Vous rappellerez ce que j'ai dit à ce banquier génevois dont le fils a fait banqueroute : que son fils avait failli pour avoir escompté sur une partie du dernier convoi anglais de la Baltique.

Dans cette dépêche, vous ne parlerez pas du comte Lauriston.

Vous ferez bien remarquer 'au duc de Vicence que tous ces mouvements de troupes, c'est la Russie qui les a commencés; que nous n'en avons même fait aucun qui puisse justifier la marche de quatre divisions qui se portent de la Moldavie sur la frontière du Grand-Duché.

NAPOLÉON.

D'après l'original. Archives des affaires étrangères.

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Monsieur le Comte Mollien, je vous envoie une lettre de M. l'architrésorier. Je ne puis croire que l'année 1810 ait un si grand déficit. D'ailleurs, mandez-lui donc que je ne puis arriver à rien tant qu'il ne me présentera pas un budget de recettes et de dépenses. Je ne sais ce qu'il veut me dire avec les 4 millions qu'on pourrait trouver avec des canons. Est-ce que je peux faire de l'argent avec des canons? Que ne me mande-t-il aussi que j'ai la valeur des digues! Peut-on avancer de telles pauvretés! Faites-lui comprendre que je n'ai pas d'argent à lui envoyer et qu'il faut qu'on trouve des ressources dans le pays.

NAPOLÉON.

D'après l'original comm. par Mme la comtesse Mollien.

17540.— AU VICE-AMIRAL COMTE DECRÈS,

MINISTRE DE LA MARINE,

À PARIS.

Paris, 1'' avril 1811.

Je vous envoie une lettre de trente chasseurs de la Garde pris, il y a deux ans, avec le général Desnoëttes. Je vous prie d'en faire passer l'extrait au Transport-Office, de témoigner toute l'indignation qu’inspire une pareille conduite, et de demander catégoriquement que ces hommes soient traités plus humainement, en déclarant que, s'ils n'admettent pas cette demande, un pareil nombre d'Anglais sera plongé dans les cachots; qu'il y a bien de la lâcheté dans cette conduite envers de braves gens, que sans doute cette manière d'agir n'est pas connue du prince de Galles, car on ne saurait penser qu'il puisse tolérer une pareille bassesse, inconnue parmi les nations civilisées.

Je vous avais demandé une lettre sur le même traitement qu'on fait subir aux prisonniers sur les pontons. Vous ne me l'avez pas remise. Il est temps cependant de mettre un terme aux malheurs des prisonniers français.

et

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