Mémoires du général Dirk van Hogendorp: comte de l'empire, etc

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M. Nijhoff, 1887 - Europe - 416 pages
 

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Page vii - ... domaine; si j'ai sur mes épaules une blouse à peu près neuve, c'est que je l'ai achetée avec le prix du vin d'oranges que je fabrique; si j'ai des souliers à mes pieds, c'est que j'apporte du charbon à la ville et que le commerce est l'échange du superflu contre le nécessaire... Demandez-moi donc, monsieur, du mauvais vin, des oranges, des bananes, mais ne me demandez pas de pain, le général français n'en a pas aujourd'hui. » Le pauvre exilé avait lu dans mes regards tout l'intérêt...
Page ix - ... à la gêne, ces quelques pieds de cafier , ces orangers et ce noir. Les hommes , mon cher Arago , n'aiment pas à réparer une injustice , car c'est avouer qu'ils ont eu tort. Et puis, ai-je servi mon grand empereur avec dévouement et fidélité? Oui, sans doute, je le jure sur ma vieille épée de soldat. Que feraient de moi ceux qui gouvernent maintenant la France? Et puis encore, je ne veux pas plus d'eux qu'ils ne voudraient de moi. Ainsi donc, plus de sol natal pour le vétéran proscrit;...
Page vi - ... inutile. Ce portrait, gage d'amitié de Napoléon, est celui d'un homme qui a voulu vivre pour protéger la mémoire de l'Empereur; c'est le général Hogendorp, c'est moi! . . . Je serrai fortement la main du soldat et m'assis près de lui sur un canapé d'osier. Dieu que l'exil change les hommes! Les yeux du brave défenseur de Hambourg étaient à demi éteints; de profondes rides sillonnaient son front et ses joues amaigries, ses cheveux étaient rares, son teint hâve, brulé.
Page 339 - ... restaurants y étaient continuellement préparés; j'avais une abondante provision de vin, et ceux qui se retirèrent chez moi recouvrèrent en assez peu de temps les forces qui leur étaient nécessaires pour supporter les fatigues de la retraite. Mon hôtel ressemblait à un hôpital... Les ressources de ma table répondirent jusqu'à la fin à mon désir d'être utile à tous; le bien que je fis adoucit pour moi les derniers moments que je passai à Vilna. « HAGENDORP. » 1812 (A 23, p. 190.)...
Page xii - Waterloo. Le comte de Hogendorp a renoncé depuis à sa patrie et à l'Europe même, et s'est embarqué pour l'Amérique, où il a fondé un établissement agricole au Brésil.
Page v - J'avais soif; je m'avançai vers la porte d'entrée, et j'appelai, personne ne me répondant, je supposai que le maître de l'habitation serait assez poli pour me pardonner mon indiscrétion; je mis le doigt sur le loquet et j'ouvris. » Quel ne fut pas mon étonnement! Un magnifique portrait à l'huile, enrichi d'un beau cadre arrêta mes regards. C'était celui d'un général français, dont l'uniforme était décoré de crachats, de la croix d'honneur et...
Page 76 - ... système de la Compagnie, par rapport au régime féodal et au monopole odieux du commerce, enté sur cette forme de gouvernement déjà assez destructif par lui-même. Aussi, dès ce temps, je résolus d'essayer tout ce qui seroit possible pour ouvrir sur cet important objet les yeux du gouvernement, en découvrant la véritable situation des choses et les résultats pernicieux de ce système, auquel on tenoit, par préjugé, par ignorance et par intérêt, au grand préjudice des intérêts...
Page vi - J'allais appeler encore, quand un vieillard appuyé sur sa bêche et arrivant du dehors me frappa sur l'épaule. » — Que voulez-vous?... » — Eh quoi ! des paroles françaises ! » — A la bonne heure, vous êtes Français aussi ? » — Et vous?... » — Tête, bras et cœur à la France. » — Quel est ce portrait ? » — Ce portrait est celui d'un général lâchement calomnié; il a été aide de camp de l'Empereur et gouverneur dans les deux hémisphères...
Page ix - ... pas de patrie pour moi, ou plutôt, ma patrie c'est cette case de bois où nous sommes à la gêne, ces quelques pieds de cafier , ces orangers et ce noir. Les hommes , mon cher Arago , n'aiment pas à réparer une injustice , car c'est avouer qu'ils ont eu tort. Et puis, ai-je servi mon grand empereur avec dévouement et fidélité? Oui, sans doute, je le jure sur ma vieille épée de soldat. Que feraient de moi ceux qui gouvernent maintenant la France? Et puis encore, je ne veux pas plus d'eux...
Page vi - ... fortement la main du soldat et m'assis près de lui sur un canapé d'osier. Dieu que l'exil change les hommes! Les yeux du brave défenseur de Hambourg étaient à demi éteints; de profondes rides sillonnaient son front et ses joues amaigries, ses cheveux étaient rares, son teint hâve, brûlé. Le malheur n'avait rien épargné, ni l'âme ni le corps; il y avait de la misère dans cette haute charpente qui s'était roidie contre tant d'orages, mais une m sère noble et dignement supportée.

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