Oeuvres complètes

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Popular passages

Page 324 - ... quarante, le bourgeois gros et gras, frais de bêtise, dont la tenue égrillarde réjouissait les passants, qui avait quelque chose de jeune dans le sourire, semblait être un septuagénaire hébété, vacillant, blafard. Ses yeux bleus si vivaces prirent des teintes ternes et gris de fer, ils avaient pâli, ne larmoyaient plus, et leur bordure rouge semblait pleurer du sang. Aux uns, il faisait horreur; aux autres, il faisait pitié. De jeunes étudiants en médecine, ayant remarqué l'abaissement...
Page 129 - ... effet rien de plus ignoble que le tumulte, la boue, les cris, la mauvaise odeur, l'étroitesse des rues populeuses? Les habitudes d'un quartier marchand ou manufacturier ne sont-elles pas constamment en désaccord avec les habitudes des grands? Le commerce et le travail se couchent au moment où l'aristocratie songe à dîner; les uns s'agitent bruyamment quand l'autre se repose; leurs calculs ne se rencontrent jamais, les uns sont la recette et l'autre est la dépense.
Page 411 - Tu ris sans savoir ce dont il s'agit. As-tu lu Rousseau ? — Oui. — Te souviens-tu de ce passage où il demande à son lecteur ce qu'il ferait au cas où il pourrait s'enrichir en tuant à la Chine, par sa seule volonté, un vieux mandarin, sans bouger de Paris ? — Oui.
Page 307 - ... y écrive son nom en se servant de son doigt comme de style, des chaises estropiées, de petits paillassons piteux en sparterie qui se déroule toujours sans se perdre jamais, puis des chaufferettes misérables à trous cassés, à charnières défaites, dont le bois se carbonise. Pour expliquer combien ce mobilier est vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé, manchot, borgne, invalide, expirant...
Page 243 - Pas une dent ne manque à mordre sa rainure, et tout stimule le mouvement ascensionnel de l'argent. Nous voici donc amenés au troisième cercle de cet enfer, qui, peut-être un jour, aura son Dante. Dans ce troisième cercle social, espèce de ventre parisien, où se digèrent les intérêts de la ville et où ils se condensent sous la forme dite affaires, se remue et s'agite, par un âcre et fielleux mouvement intestinal, la foule des avoués, médecins, notaires, avocats, gens d'affaires, banquiers,...
Page 339 - Vautrin et & ses autres pensionnaires. Il est clair qu'il s'est ruiné pour ces femmes-là. ' — Jamais on ne me fera croire , s'écria l'étudiant , que la belle comtesse de Restaud appartienne au père Goriot. — Mais, lui dit Vautrin en l'interrompant, nous ne tenons pas à vous le faire croire. Vous êtes encore trop jeune pour bien connaître Paris, vous saurez plus tard qu'il s'y rencontre ce que nous nommons des hommes à passions... (A ces mots, mademoiselle Michonneau regarda Vautrin d'un...
Page 432 - Avez-vous vu beaucoup de gens assez poilus pour, quand un camarade dit : — « Allons enterrer un corps !» y aller sans souffler mot ni l'embêter de morale ? J'ai fait ça, moi.
Page 304 - Là, les pavés sont secs, les ruisseaux n'ont ni boue ni eau, l'herbe croît le long des murs. L'homme le plus insouciant s'y attriste comme tous les passants, le bruit d'une voiture y devient un événement, les maisons y sont mornes, les murailles y sentent la...
Page 509 - Son éducation s'achevait. — Nous ne sauverons pas le pauvre père Goriot, lui dit Bianchon quand Rastignac entra chez son voisin. — Mon ami, lui dit Eugène après avoir regardé le vieillard endormi, va, poursuis la destinée modeste à laquelle tu bornes tes désirs. Moi, je suis en enfer, et il faut que j'y reste. Quelque mal | que l'on te dise du monde, crois-le! il n'ya pas de Juvénal qui puisse en peindre l'horreur couverte d'or et de pierreries.
Page 408 - ... répandent l'aise partout. Enfin, je vis trois fois. Voulez-vous que je vous dise une drôle de chose? Eh bien, quand j'ai été père, j'ai compris Dieu. Il est tout entier partout, puisque la création est sortie de lui. Monsieur, je suis ainsi avec mes filles. Seulement j'aime mieux mes filles que Dieu n'aime le monde, parce que le monde n'est pas si beau que Dieu, et que mes filles sont plus belles que moi.

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