Nouveaux récits de l'histoire romaine aux IVe et Ve siècles: Trois ministres des fils de Théodose: Rufin,--Eutrope,--Stilicon

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Didier, 1865 - Rome - 484 pages
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Page 230 - ... égard, puisqu'elles sont la principale cause de votre désastre. Je vous répétois souvent que vous deviez faire plus de cas de mes reproches, quelque amers qu'ils vous parussent, que de ces fades louanges dont vos flatteurs ne cessoient de vous accabler, parce que les blessures que fait celui qui aime valent mieux que les baisers trompeurs de celui qui hait.
Page 300 - Quoi! tu m'oses conseiller la fuite! Quand l'empereur d'Orient m'a cédé ses droits sur l'Illyrie, quand cette nation m'a reconnu pour son chef, quand je suis maître et possesseur de vingt cités romaines, tu veux que j'aille demander refuge à mes esclaves, que j'étale à leurs yeux l'ignominie d'une fuite! Non, par les dieux de nos pères! je ne reverrai jamais en fugitif des lieux que j'ai parcourus triomphant. Je ne quitterai plus le sol de l'Italie que je tiens : vainqueur, j'y régnerai;...
Page 345 - Stilicon avait reniés s'obstinèrent à voir en lui un frère; ils voulurent le sauver malgré lui; ils l'aimèrent, ils le pleurèrent. La politique qu'il essaya de fonder pouvait seule opérer sans secousse le passage de la société romaine à sa dernière et plus féconde transformation, celle qui devait donner naissance aux nations modernes. Après lui, il ne se trouva plus de, Rarbare qui voulût abdiquer son origine et la force qu'il tirait d'elle au profit de cette société ingrate.
Page 122 - Un législateur qui confie les armes à ceux qui n'ont pas été élevés sous ses lois, qui n'en ont pas été imbus dès l'enfance, et qu'aucun devoir d'affection n'oblige à les soutenir, n'est pas un législateur sensé '. Lorsqu'on songe à ce que peut entreprendre, dans un moment de péril pour l'État, une jeunesse étrangère nombreuse, formée par d'autres lois que nous, ayant d'autres idées, d'autres coutumes, il faut avoir perdu toute prévoyance pour ne pas trembler. La pierre de Sisyphe...
Page 468 - Barentin, qu'ils rendirent ensuite à son cours naturel, et celui qui avait traversé le monde avec la violence et le fracas d'un torrent, entendit gronder éternellement sur sa tête les eaux déchaînées de l'Apennin. Une partie du trésor royal avait été déposée près de lui dans la fosse; afin d'assurer le secret du lieu, les Goths égorgèrent les captifs qu'ils avaient employés à la creuser.
Page 25 - Mêlé à la jeunesse romaine dans les écoles et dans les camps, il avait reçu toute l'éducation d'un enfant de Rome, et l'on put de bonne heure distinguer en lui une intelligence vive, un esprit plein de saillies, une éloquence facile, et le goût des lettres joint à la passion des armes. Cette éducation, en développant son génie, avait échauffé son âme; il admirait, il aimait Rome, il s'identifiait avec elle jusque dans le passé.
Page 123 - Avec les armes reviendront la vaillance et la gloire. Plus de victoires partagées avec des mercenaires, plus de partage nulle part et en rien. Les Barbares sont tout, qu'on les éloigne de partout. Que les magistratures leur soient fermées, et surtout la dignité sénatoriale, ce comble des honneurs romains. Thémis la bonne conseillère et le grand dieu de la guerre se voilent la face de honte quand ils voient un homme vêtu d'une mauvaise casaque de fourrure commander à des gens en chlamydes....
Page 99 - Athènes, nous dit un contemporain, n'était plus qu'un mot; mais ce mot plein d'enthousiasme dominait toujours le monde. La gloire passée de l'institutrice des nations survivait à son abaissement actuel. On faisait des pèlerinages à Athènes, comme on en fit plus tard en Palestine, pour visiter une terre sacrée, et le voyageur, rentré dans ses foyers, était fier de luimême et envié des autres. « Ce n'est pas qu'on en comprenne » mieux Aristote ou Platon, disait un de ces pèlerins de...
Page 102 - ... païens zélés, rhéteurs ou sophistes compromis dans l'enseignement de l'hellénisme et de la théurgie, avaient eu soin de s'esquiver pendant la journée, soit que la mansuétude du Barbare ne les rassurât pas complètement, soit que le voisinage des hommes en manteau noir fût un épouvantai! pour eux. La plupart se dirigèrent vers Mégare avec leurs familles pour gagner Corinthe et le Péloponèse ; mais ils rencontrèrent en route les soldats goths, qui les arrêtèrent et en tuèrent...
Page 451 - Aux entraînemens de la débauche se joignaient, dans l'âme féroce des Goths, une cruauté naturelle, l'habitude du sang, le goût des tortures, surtout la passion de l'argent, et les palais dorés des patriciens devinrent le théâtre des plus lamentables tragédies. Une veuve de naissance illustre, amie de saint Jérôme et son élève dans l'exégèse des livres sacrés, où elle avait acquis un certain renom, Marcella, habitait sur le mont Aventin la demeure de ses ancêtres, en compagnie d'une...

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