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petroleum, qu'on distingue en blanc et eu noir. Il y en a une source de noir à Gabian, près Béziers en Languedoc, dont l'odeur approche assez de celle de l'huile animale de Dippel.

Les pétroles ont passé pour de bons stomachiques, toniques et anti-spasmodiques; aujourd'hui ils sont peu d'usage, parce que nous avons d'autres moyens meilleurs. On les donnait à la dose de douze, vingt ou vingt-quatre gouttes, dans des potions, dans des bols, ou dans des électuaires.

DES FORMULES,

ET

DE L'ART DE FORMULER.

Il ne suffit pas de connaître les médicamens; il faut encore savoir les unir, les mélanger ensemble, et les prescrire convenablement pour l'apothicaire et le malade : c'est ce qu'on appelle fart de formuler.

Quelques-uns appellent aussi formuler, faire ou composer les formules des remèdes ou des ordonnances des médecins. Ainsi on doit entendre par formule, la forme ou la manière de prescrire à l'apothicaire les médicamens qu'il doit préparer; ou bien encore, si l'on veut, la manière de dispenser les drogues, tant simples que composées, relativement à leur consistance, à leur quantité et à leur qualité.

On doit entendre par ordonnance ce que prescrit le médecin, soit pour le régime de vivre, soit pour les remèdes, ou même l'écrit par lequel le médecin ordonne quelque chose.

Beaucoup d'auteurs ont donne des règles sur l'art de formuler; mais l'essentiel est de savoir bien toute la matière médicale, et d'ailleurs rien ne donne plus d'aisance à ce sujet que la pratique. Cependant il y a sur cela des règles qu'on ne doit point ignorer, dont nous allons parler. En général, dans les formules, il y a une base, un adjuvant ou auxiliaire, un correctif, et enfin un excipient.

1°. La base est le médicament le plus propre à remplir l'indication qu'on se propose; elle est quelquefois composée, comme quand on réunit plusieurs drogues qui ont les mêmes vertus, et à peu près aux mêmes doses.

2°. L'adjuvant ou auxiliaire est celui qui aide l'action de la base; il est aussi nommé stimulant dans les formules où les médicamens sont peu actifs. L'adjuvant a la même vertu que la base, et il sert souvent pour diminuer le volume de la base du remède dont le malade est dégoûté.

3°. Le correctif est celui qui empêche qu'un médicament n'agisse d'une manière trop violente; il s'emploie aussi quelquefois dans la vue d'ôter à certaines drogues ce qu'elles peuvent avoir de désagréable au goût ou à l'odorat.

4°. Enfin , Fexcipient est celui qui reçoit les autres ingrédiens, qui leur donne la forme ou la consistance convenable; il porte aussi le nom de menstrue, de véhicule ou d'intermède, suivant les circonstances. i°. On l'appelle menstrue quand il dissout ou extrait certains principes des ingrédiens. Il y a des menstrues aqueux, spiritueux, huileux et salins; 2°. hicule, quand il sert à faire passer plus facilement les ingrédiens; 3°. intermède, quand il sert à unir ou à séparer quelques substances des ingrédiens qui, sans cela, ne pourraient se joindre ensemble ou se désunir; par exemple, les jaunes d'oeufs, les mucilages, etc., sont

les intermèdes de l'union de l'huile avec l'eau.

Ces quatre choses entrent en général dans les formules, soit qu'elles soient sous forme fluide ou sous forme solide.

Il faut avoir attention, quand on fait une ordonnance, d'éviter toute espèce de louche, de doute ou d'embarras. On doit écrire la formule lisiblement, et mettre les noms de chaque drogue les uns au-dessous des autres sans abréviations, à moins que ce ne soit les épithètes, si on le juge à propos. On écrit aussi au-dessous les uns des autres, j°. la base de la formule; 1°. l'adjuvant; 3°. le correctif; 4°. enfin, l'excipient, dont on prescrit la quantité qui doit être employée, et celle qui doit rester, si c'est une décoction. Au bout de chaque ligne ou phrase, on met le caractère qui désigne la dose que l'on doit prendre de chaque substance que l'on prescrit.

Le modus faciendi, ou la façon de préparer le médicament, doit faire un alinéa; de même que le signetur, ou la manière d'ordonner comment le malade fera usage du remède.

Quant à la façon de préparer les médicamens, on se contente souvent, au lieu d'un modus détaillé, de mettre seulement ces mots. fiât secundùm artem (ou la première lettre de ces trois mots), c'est-à-dire faites selon l'art, et cela suffit ( à moins que la préparation ne vous soit propre), parce que les apothicaires doivent savoir faire ces différens mélanges et assortimens.

On appelle formules officinales celles qui prescrivent la manière de préparer les médicamens composés, que les apothicaires doivent avoir toujours prêts dans leurs boutiques; et les formules magistrales sont celles qui contiennent les remèdes que le médecin prescrit à mesure qu'ils sont nécessaires.

Les formules sont différentes selon les indications qu'on se propose de remplir. Ainsi il y a des formules évacuantes, et il y en a d'altérantes : parmi les premières, il y en a d'émétiques, de purgatives, de diurétiques, etc. ; et parmi les autres, d'atténuantes, d'émollientes,. d'anti-spasmodiques, de toniques, etc.

DES FORMULES ÉVACUANTES.

FORMULES ÉMÉTIQUES.

On peut faire vomir avec l'ipécacuanha ou le tartre stibié, et quelquefois avec l'oxymel scillitique, ou le kermès minéral.

Avec tipécacuanha, pour les adultes.

2f Ipécacuanha , 12 grains.

Etendez dans d'eau à peu près 3 onces.

que le malade prendra en une prise.

Cependant, en général, on a raison de diviser les vomitifs en plusieurs prises, parce que la faiblesse du sujet peut exiger, ainsi que d'autres circonstances, que l'on arrête le vomissement. Ainsi,

2f Ipécacuanha 18 grains.

Etendez; dans d'eau 6 onces.

Tome II. Ce

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