Correspondance de P.-J. Proudhon, Volume 1

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Popular passages

Page 195 - ... réalités même fâcheuses. Mais si le- titre est alarmant, ce sera bien pis de l'ouvrage : si j'ai un éditeur habile et remuant, tu verras bientôt le public dans la consternation. Prends la proposition qui me sert de frontispice à la lettre, et attendstoi à la voir prouver par raison mathématique, ce qui est autrement concluant pour les hommes d'à présent que des preuves morales et métaphysiques. Nous verrons si ce qu'on a dit est vrai : que les vérités de l'arithmétique deviendraient...
Page xi - Homme de conviction et de doctrine, écrire ne l'ennuie pas; être questionné ne l'importune pas; quand on l'aborde, il lui suffit de reconnaître que le motif qui vous conduit n'est pas une curiosité futile, mais l'amour de la vérité; il vous prend au sérieux, il vous répond, il entre dans vos objections, tantôt de vive voix, tantôt par écrit; car
Page 32 - ... plus dans le tourbillon de la vie active. Pour vivre, il me fallut quitter ma ville et mon pays, prendre le costume et le bâton du compagnon du tour de France, et chercher, d'imprimerie en imprimerie, quelques lignes à composer, quelques épreuves à lire. Un jour, je vendis mes prix de collège, la seule bibliothèque que j'aie jamais possédée. Ma mère en pleura; pour moi, il me restait les extraits manuscrits de mes lectures. Ces extraits, qui ne se pouvaient vendre, me suivirent et me...
Page 31 - ... dans les pleurs : notre procès était perdu. Ce soir-là, nous soupâmes tous au pain et à l'eau. Je me traînai jusqu'en rhétorique : ce fut ma dernière année de collège. Force me fut dès lors de pourvoir à ma nourriture et à mon entretien. — « Présentement, me dit mon père, tu dois savoir ton métier; à dix-huit ans, je gagnais du pain, et je n'avais pas fait un si long apprentissage ». — Je trouvai qu'il avait raison, et j'entrai dans une imprimerie.
Page 348 - C'est ainsi, je ne crois pas me tromper, qu'ayant été forcé d'apprendre la p"rosodie, tu as découvert en quelques jours une foule de choses nouvelles, curieuses, plus étonnantes que tout ce que tu avais déjà publié. Quand un homme a beaucoup appris, que son érudition est suffisante, il ne faut plus que lui poser des problèmes et soulever devant lui des difficultés.
Page 64 - Jésus-Christ ; tu abdiquerais ta conscience, tu apostasierais ta foi pour être heureux à la manière de ceux-ci et de ceux-là ! Tes frères ont les yeux ouverts sur toi : ils attendent avec anxiété s'ils doivent bientôt déplorer la chute et la trahison de celui qui avait tant juré d'être leur défenseur : ils n'auront jamais, pour te .récompenser, que leurs bénédictions : elles valent mieux que les écus comptants du pouvoir. Souffre et meurs s'il le faut ; mais dis la vérité, et prends...
Page 265 - ... n'aurait pas trouvé un instituteur fort habile. Allons! mon ami, courage ! rien n'est plus doux et plus beau que les prémices d'une vierge; mais cela peut se concilier avec la raison et l'intelligence. Tu auras mieux que ce qui t'échappe, si tu ne renonces pas sottement à ce qui t'est dû. — D'où suis-je si savant, demanderas-tu, moi qui n'ai point de femme? C'est d'avoir eu, très-jeune, un amour honnête, et d'avoir vieilli par-dessus. Dans quelque temps, tu en sauras autant que moi....
Page 30 - L'un est aussi inconcevable que l'autre. Je demeurai donc ce que j'étais croyant en Dieu et à l'immortalité de l'âme; mais, j'en demande pardon à la philosophie, ce fut bien moins à cause de l'évidence de ses syllogismes, que pour la faiblesse des raisons contradictoires. Il me sembla dès lors qu'il fallait suivre une autre route pour constituer la philosophie en une science, et je ne suis pas revenu de cette opinion de mon enfance. Je poursuivis mes humanités à travers les misères de...
Page iv - Dans son ardeur au travail et sa soif d'apprendre, il ne se contentait point de l'enseignement de ses maîtres. Dès l'âge de douze à quatorze ans, il fréquentait assidûment la bibliothèque de la ville. Une curiosité le menait à l'autre et il demandait livre sur livre, quelquefois huit ou dix dans la même séance. Le savant bibliothécaire, l'ami et presque le frère de Charles Nodier, M. Weiss, s'approcha un jour de lui et lui dit en souriant : « Mais, mon petit ami, qu'est-ce que vous...
Page 329 - Puisque tu as lu mon livre, tu dois comprendre qu'il ne s'agit pas maintenant d'imaginer, de combiner dans notre cerveau un système que nous présenterons ensuite : ce n'est pas ainsi qu'on réforme le monde. La société ne se peut corriger que par elle-même, c'est-à-dire qu'il faut étudier la nature humaine dans toutes ses manifestations, dans les lois, les religions, les coutumes, l'économie politique ; extraire de cette masse énorme, par des opérations de métaphysique, ce qui est vrai,...

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