Essai général de tactique: prédédé d'un discours sur l'état actuel de la politique & de la science militaire en Europe; avec le plan d'un ouvrage intitulé: La France politique et militaire, Volume 2

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Popular passages

Page 146 - Je dis qu'un général qui secouera, à cet égard, les préjugés établis, embarrassera son ennemi, l'étonnera, ne le laissera respirer nulle part, le forcera à combattre ou à reculer toujours devant lui. J'ose imaginer qu'il ya...
Page 69 - ... ainsi , à leur système et à leur main ? Si par hasard il s'élève dans une nation un bon général, la politique des ministres et les intrigues des courtisans ont soin de le tenir éloigné des troupes pendant la paix. On aime mieux confier ces troupes à des hommes médiocres , incapables de les former, mais passifs, dociles à toutes les volontés et à tous les systèmes, plutôt qu'à cet homme supérieur qui pourrait acquérir trop de crédit, résister aux opinions qu'on aurait adoptées...
Page 182 - Nos troupes ne sont pas constituées militairement. Nos mœurs ne sont pas militaires. Nos soldats, et nos officiers encore moins, n'ont ni la frugalité, ni la patience, ni la force de corps, qui sont les qualités primordiales et constitutives des gens de guerre.
Page 180 - ... moyens pour la campagne suivante. Ceci me conduit à une vérité politique importante, qui n'est pas assez sentie par notre gouvernement : c'est qu'à un royaume constitué et puissant, comme la France devrait l'être, il faudrait rarement de grands alliés, et jamais de petits : il devrait surtout éviter d'en avoir dans le pays, ou aux environs du pays où il porte le théâtre de la guerre. C'était une maxime...
Page 158 - Dans les pays couverts de places, comme la Flandre, la guerre prit un caractère de routine et de mollesse, qui n'est certainement pas celui du génie. On peut à peu près calculer ce que chaque campagne devait produire. Une ou deux batailles, la plupart...
Page 179 - ... de troupes qui les garnissent. On prend des positions dont le front est redoutable, et où l'armée ne peut pas manœuvrer, faute de fond. On en prend d'autres qui sont formidables de toutes parts, mais dans lesquelles l'armée, réduite à la défensive , perd l'avantage de pouvoir manœuvrer, et profiter des fautes de l'ennemi. On en prend enfin que, par un mouvement qu'on n'a pu prévoir, l'ennemi parvient , ou à tourner, ou à percer, ou à faire abandonner, sans qu'on ait le pouvoir de...
Page 167 - ... se défendre avec peu de troupes ; c'est, en un mot, quand elles sont des places d'armes, des points d'entrepôt et d'appui, des bastions dont une armée bonne et manœuvrière est la...
Page 155 - ... légères, semblait, sur la fin du dernier siècle vouloir convertir toutes les villes en places de guerre. Vauban etCohorn donnaient une si grande célébrité à leur art, et presque toute l'Europe militaire était si ignorante alors , qu'il n'est pas étonnant que ces deux hommes, avec du génie et des principes, aient entraîné toutes les opinions. Cohorn fortifia la Hollande, Vauban. fortifia la Flandre, le Rhin et une partie des frontières du royaume. Il bâtit ou répara près de cent...
Page 174 - In guerre. L'infanterie chercha les pays coupés ; elle occupa par préférence les villages , les bois , les hauteurs. Ces points devinrent des postes et des appuis intéressans à se procurer ; ils entrèrent par conséquent dans les combinaisons de la castramétation et de la tactique. Ce fut sans doute une nouvelle ressource pour le génie, et un pas de plus vers la perfection de l'art ; mais , comme presque partout l'abus suit la vérité...
Page 178 - ... L'ennemi prend, je suppose, une position inattendue, et où je ne veux ni ne peux l'attaquer; je suis sûr de le déposter ou de le prendre à revers en marchant sur son flanc. Suivant notre routine actuelle, il faut que, pour ce changement de direction, je me forme de nouveaux établissements et de nouveaux rayons de communication.

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