Au bord des terrasses: poésies

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A. Lemerre, 1906 - 102 pages
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Page 48 - C'est aux vieux murs rejoints par des chaînes de lierre, Aux bancs rivés au sol plus fort que des tombeaux, Aux charmilles, gardant des voûtes de lumière Dans l'entrelacement ancien de leurs rameaux, Aux sources dont l'eau vive emplissait les fontaines D'un flot presque invisible à force d'être pur, Que j'ai dû mon regard vers les heures lointaines, A' travers les chagrins de ce monde peu sûr!
Page 39 - L'ondée : au ciel serein, un nuage qui court El recouvre bientôt le soleil invisible ; Puis l'eau jetée à flots comme sur une cible, Et le crépitement des gouttes tour à tour. Voile sur l'horizon, et réseau sur le fleuve Dont le courant semble piqué de mille dards* L'air boit en s'agitant sur les routes épars, Silencieusement le sol fume et s'abreuve. Le déluge et la nuit aux âmes sont présens, Un crépuscule hâtif élargit le mystère, On ne reconnaît plus ni le ciel ni la terre, L'ancien...
Page 73 - Mnric, ayez pitié des mères, Soit que dans le recoin de quelque autel obscur Une humble image œuvrée en un bois sombre cl dur, Incline votre enfant vers nos vœux éphémères, Tendant ses deux bras courts avec son regard pur! Soit que belle et parée au bord d'une chapelle, Où s'inscrivent les vœux sur le marbre et sur l'or, ' Vous portiez la couronne et gardiez le trésor Des prières, ainsi qu'une Reine immortelle, . Vierge Marie, ayez soin des mères encor!
Page 32 - L'orgue est comme un tonnerre, et la Vierge Marie, Comme une reine, a des colliers en pierreries. Son bel enfant, un globe entre ses bras fermés, N'est plus le doux Jésus que l'on aime et qu'on prie ! Elle revoit alors son modeste clocher : Sur le seuil qui s'affaisse une marche branlante, Les Fonts sont au revers de la porte battante, Avec la corde, où le sonneur doit s'accrocher Pour les glas et les angélus à nuit tombante. Voici les bancs de chêne où traînent les missels, Car chacun tient...
Page 47 - Trace des chemins creux pour lu sage fourmi, Pour la mésange aussi, les bestioles ailées Qui cherchent un brin d'herbe ou bien un grain de mil. Mon esprit voyageur d'un désir ou d'un rêve Suit les sillons menus et si vite comblés, Pendant que l'heure passe et que le jour s'achève Dans le ciel aux aspects purs et renouvelés. Il rejoint le domaine où les fleurs avaient l'âge Et l'éclat attendri de mon jeune printemps; Si mon premier espoir fleurit sous son feuillage, Mon premier regret dort...
Page 74 - Ou que de blanc vêtue, et de bleu ceinturée, Dans le décor de la montagne et du cours d'eau, Vous fassiez le miracle et l'accordiez plus beau Aux humbles, aux enfans dans la foule serrée, Sainte Vierge, écartez les mères du tombeau 1 Notre espoir est en vous par le lis et par l'ange, Par la crèche de chaume et la Nativité, Par la croix du supplice; avec humilité, Nous n'avons de recours, en cette vie étrange, Que dans votre pouvoir, mère, et votre bonté. Mme ALPHONSE DAUDET. REVUE LITTÉRAIRE...
Page 73 - Vierge Marie, ayez pitié' des mères, Soit que dans le recoin de quelque autel obscur Une humble image œuvrée en un bois sombre cl dur, Incline votre enfant vers nos vœux éphémères, Tendant ses deux bras courts avec son regard pur! Soit que belle et parée au bord d'une chapelle, Où s'inscrivent les vœux sur le marbre et sur l'or, Vous portiez la couronne et gardiez le trésor , Des prières...
Page 41 - ... profond. Aux replis du terrain surgit l'humble village, Groupant ses toits de chaume au pied de son clocher; Le regard alentour est heureux de chercher Un troupeau qui chemine, et qu'attardait l'orage 1 Tout exulte et renaît, et volent les oiseaux! Le soleil resplendit fidèle à la Promesse ; II n'est plus de déluge ou d'ire vengeresse, Car le Dieu de Noé plane et commande aux eaux!
Page 36 - Puis retombés dans le naufrage et la tempête Ressurgissent, portés au hasard d'un îlot, Dans les courans humains dont une rue est faite ; Et je dois réfléchir alors qu'ils sont allés Trop loin pour nos regards limités à la vie, Que je ne puis les voir, heureux ou consolés, Qu'une forme jamais aux tombes n'est ravie ; Pourtant quelque reflet venu des cieux cachés, Des soleils disparus...

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