The leper of the city of Aosta, tr. by H. Attwell. The orig. Fr. is appended

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Popular passages

Page 54 - L'envie se glissa pour la première fois dans mon cœur; jamais l'image du bonheur ne s'était présentée à moi avec tant de force. Je les suivis des yeux jusqu'au bout de la prairie , et j'allais les perdre de vue dans les arbres , lorsque des cris d'allégresse vinrent frapper mon oreille: c'étaient leurs familles réunies qui venaient à leur rencontre ; des vieillards, des femmes, des...
Page 48 - D'autres fois aussi je vois des nuages sortir de la terre autour de moi, comme des flots qui s'enflent, qui s'amoncellent et menacent de m'engloutir ; et lorsque je veux me lever pour me distraire de ces idées, je me sens comme retenu par des liens invisibles qui m'ôtent les forces.
Page 54 - J'entendis ses cris, et je rentrai dans la tour plus mort que vif; mes genoux tremblants ne pouvaient me soutenir; je me jetai sur mon lit, dans un état impossible à décrire. Ma douleur ne me permit de voir dans cet ordre juste, mais sévère, qu'une barbarie aussi atroce qu'inutile; et, quoique j'aie honte aujourd'hui du sentiment qui m'animait alors, je ne puis encore y penser de sang-froid. Je passai toute la journée dans la plus grande agitation. C'était le dernier être vivant qu'on venait...
Page 37 - Ah little think the gay licentious proud, Whom pleasure, power, and affluence surround; They, who their thoughtless hours in giddy mirth, And wanton, often cruel, riot waste; Ah little think they, while they dance along, How many feel, this very moment, death And all the sad variety of pain.
Page 44 - ... celle d'exister et de respirer. Je passe des journées entières de la belle saison, immobile sur. ce rempart, à jouir de l'air et de la beauté de la nature : toutes mes idées alors sont vagues, indécises; la tristesse repose dans mon cœur sans l'accabler ; mes regards errent sur cette campagne et sur les rochers qui nous environnent ; ces différents aspects sont tellement empreints dans ma mémoire, qu'ils font, pour ainsi dire, partie de moi-même, et chaque site est un ami que je vois...
Page 52 - Je l'entendis qui récitait à voix basse le Miserere. Je me mis à genoux près de la porte, et, sans l'interrompre, je suivis mentalement ses paroles. Mes yeux étaient pleins de larmes : qui n'eût été touché d'une telle affection ? Lorsque je crus que sa prière était terminée : « Adieu, ma sœur, lui dis-je à voix basse, adieu, retire-toi, je me sens un peu mieux ; que Dieu te bénisse et te récompense de ta piété...
Page 53 - Dieu me l'avait toujours fait repousser, lorsque la circonstance la plus simple et la moins faite en apparence "pour me troubler pensa me perdre pour l'éternité. Je venais d'éprouver un nouveau chagrin . Depuis quelques années un petit chien s'était donné à nous : ma sœur l'avait aimé , et je vous avoue que, depuis qu'elle n'existait plus, ce pauvre animal était une véritable consolation pour moi. Nous devions sans doute à sa laideur le choix qu'il avait fait de notre demeure pour son...
Page 42 - On ignore dans le monde celui que je tiens de ma famille et celui que la religion m'a donné le jour de ma naissance. Je suis le Lépreux: voilà le seul titre que j'ai à la bienveillance des hommes.
Page 43 - Ah ! vous connaissez p'eu ce monde, qui ne m'a jamais donné le bonheur. Je suis souvent solitaire par choix, et il ya peut-être plus d'analogie entre nos idées que vous ne le pensez ; cependant, je l'avoue, une solitude éternelle m'épouvante ; j'ai de la peine à la concevoir.
Page 53 - Des soldats, accompagnés de quelques habitants , vinrent aussitôt chez moi pour exécuter cet ordre cruel. Ils lui passèrent une corde au cou en ma présence, et l'entraînèrent. Lorsqu'il fut à la porte du jardin , je ne pus m'empêcher de le regarder encore une fois : je le vis tourner ses yeux vers moi pour me demander un secours que je ne pouvais lui donner. On voulait le noyer dans la Doire; mais la populace, qui l'attendait en dehors, l'assomma à coups de pierres. J'entendis ses cris,...

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