Satires

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Librairie Catholique de Périsse Frères, 1864 - French poetry - 384 pages
 

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Popular passages

Page 38 - Il voit briller partout les flambeaux et les armes ; Son palais embrasé, tout un peuple en alarmes ; Ses serviteurs sanglants, dans la flamme étouffés ; Les meurtriers en foule au carnage échauffés, Criant à haute voix : " Qu'on n'épargne personne ; C'est Dieu, c'est Médicis, c'est le roi qui l'ordonne...
Page 51 - Dans les airs, dans les champs, sur les berges mouillées ; Joyeux peuple de l'herbe et des humbles buissons : Voilà de vrais chanteurs et de douces chansons! Que me sont vos grelots forgés sur le pupitre, Quand la fauvette au bois défile son chapitre, Quand l'abeille bourdonne autour des genêts d'or, Quand le flot sous le saule en murmurant s'endort, Quand les ormes, les blés, les joncs et les fontaines Avec le vent du soir qui traverse les plaines, Sans orgueil et pour rien font un concert...
Page 23 - Vit, commande déjà : le poëte aux abois Poursuit encor la rime à travers champs et bois. Bossuet a fini, lorsque Boileau commence. En prose l'on enseigne, et l'on prie, et l'on pense ; En prose l'on combat. Les vers les plus heureux Sont faits par des rêveurs ou par des amoureux. Dans les nobles desseins dont l'âme est occupée, Les vers sont le clairon, mais la prose est l'épée.
Page 22 - O prose ! mâle outil et bon aux fortes mains ! Quand l'esprit veut marcher, tu lui fais des chemins ; Sans toi, dans l'idéal il flâne et vagabonde.
Page 87 - J'escortais Hernani le poing haut, l'œil sauvage ; J'aurais à Lélia parlé de mariage ; Michelet me semblait profond, Dumas poli, Et je trouvais Delorme on ne peut plus joli. Bref, je fus romantique!
Page 22 - Sans loi, dans l'idéal, il liane et vagabonde. Vrai langage des rois et des maîtres du monde, Tu donnes à l'idée un corps ferme et vaillant. Tu l'ornes, si tu veux; jamais un faux brillant A sa simplicité, malgré toi , ne s'ajoute. Grave dans le combat, légère dans la joute, Tu vas droit à ton but, et tu n'as pas besoin De lâcher de la corde au mot qui fuit trop loin. Ton métal est à toi. Serve de la pensée, La phrase saine et souple, en sou cadre placée, Vit, commande déjà : le poète...
Page 68 - Ainsi l'oiseau perdu dans le profond espace Jette sa note pure à la brise qui passe, Et ne demande pas si seulement ses airs Ont d'un charme de plus embelli les déserts ; Ainsi sous ton figuier, près de la mer bretonne, Sans que l'or te séduise ou que l'oubli t'étonne, Tu donnes ta chanson, candide Violeau...
Page 211 - Buloz est invincible. Buloz n'ajuste pas et met toujours en cible. L'abonné de Buloz ne se peut décrocher; Pour toute autre beauté le bourgeois insensible Est fidèle à Buloz comme l'huître au rocher. Ce que lui sert Buloz, sans y trouver d'arête, Maître bourgeois le gobe. Il- avale tout net Radiguet, Cucheval, Esquiros, Philarète, Et Schérer, pourtant dur ! On lui sert du Quinet : Il avale, et demande à prolonger la fête!
Page 140 - Son rire, où toujours grince un reste de fureur, Convulsif ou pesant, n'est pas même moqueur. Je l'exhorte à veiller sur ce travers de marque ! La satire n'a point le tranchet de la Parque, Ni le bonnet sifflant de serpents furieux Que porte Tisiphone en guise de cheveux. Je me la peins, pour moi, sous les traits d'une femme De trente à quarante ans, avec un œil de flamme, Un corps robuste et sain, des cheveux abondants, Le pied leste, la main fine, et toutes ses dents ; Correcte en ses habits...
Page 29 - Au bout du dard vibrant met la pointe d'acier. J'attaque sans scrupule, et je suis sans alarmes. L'adversaire est solide, il ne manque pas d'armes ; C'est un prince. Parmi ses intimes varlets, Quelques-uns ont du style... et beaucoup des stylets! Ils vont envenimer leurs flèches les plus sûres; Mais trente ans j'ai bravé, j'ai cherché ces blessures, Je sais qu'on n'en meurt pas. — Et dussé-je en mourir Dussé-je ne laisser de moi dans l'avenir Qu'un renom tout couvert de leur encre épaissie,...

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