Œuvres de Madame la marquise de Lambert

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Page 67 - Quand on seroit assez retenu pour ne point blesser les bienséances et pour demeurer dans les bornes prescrites à la pudeur, dès que le plaisir du cœur s'est fait sentir, il répand dans l'âme je ne sais quelle douceur qui donne du dégoût pour tout ce qui s'appelle vertu ; il vous arrête et vous ralentit sur vos devoirs.
Page 80 - Il faut qu'une jeune personne ait de la docilité, peu de confiance en soi-même; mais aussi ne faut-il pas pousser cette docilité trop loin. En fait de religion, il faut céder aux autorités ; mais sur tout autre sujet, il ne faut recevoir que celle de la raison et de l'évidence. En donnant trop d'étendue à la docilité , vous prenez sur les droits de la raison; vous ne faites plus d'usage de vos propres lumières qui s'affaiblissent.
Page 66 - Il n'ya qu'un fort petit nombre d'années de différence entre une belle femme et une autre qui ne l'est pas. La beauté ne peut être que nuisible, à moins qu'elle ne serve...
Page 6 - ... degré, et être d'ailleurs peu estimable. La plupart des jeunes gens croient toutes leurs obligations remplies dès qu'ils ont les vertus militaires, et qu'il leur est permis d'être injustes, malhonnêtes et impolis. N'étendez point le droit de l'épée; il ne vous dispense pas des autres devoirs. Soyez, mon fils, ce que les autres promettent d'être; vos modèles sont dans votre maison.
Page 140 - Quelque rare que soit le véritable amour, il l'est encore moins que la véritable amitié. 474 Il ya peu de femmes dont le mérite dure plus que la beauté.
Page 114 - Tous les fiecles enfemble fourniflcnt à peine trois ou quatre exemples d'une amitié parfaite. Puifque tous les hommes conviennent des charmes de l'amitié , pourquoi, dans un intérêt commun , tous ne s'entendent-ils pas ; ne s'uniflent-ils pas pour en jouir ? C'eft un effet du dérèglement des hommes de s'aveugler fur leurs véritables intérêts.
Page 170 - Hommes de ce côté, plus elles se sont avilies. Les Hommes, par la force, plutôt que par le droit naturel, ont usurpé l'autorité sur les Femmes ; elles ne rentrent dans leur domination, que par la Beauté et par la Vertu. Si elles peuvent joindre les deux, leur empire sera plus absolu.
Page 139 - Traité de la vieillesse pour les mettre en état de tirer parti d'un âge où tout semble nous quitter. On ne travaille que pour les hommes; mais pour les femmes, dans tous les âges, on les abandonne à elles-mêmes1: on néglige leur éducation dans la jeunesse; dans la suite de leur vie, on les prive de soutien et d'appui pour leur vieillesse...
Page 57 - Il ya, dit-on, deux préjugés auxquels il faut obéir : la religion et l'honneur. C'est mal parler que de traiter la religion de préjugé : le préjugé est une opinion qui peut servir à l'erreur comme à la vérité; ce terme ne doit s'appliquer qu'aux choses incertaines, et la religion ne l'est pas.
Page 107 - Je crois qu'elle est un des plus grands liens de la société, puisqu'elle contribue le plus à la paix : elle est une préparation à la charité, une imitation même de l'humilité. La vraie politesse est modeste; et comme elle cherche à plaire, elle sait que les moyens pour y réussir sont de faire sentir qu'on ne se préfère point aux autres, qu'on leur donne le premier rang dans notre estime.

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