Les Fils de Philippe-Égalité pendant la Terreur

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Perrin, 1910 - France - 306 pages
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Page 118 - ... plus disposée à respecter son rang, son âge et son malheur. Comme je ne l'avais jamais connu autrement que par des visites du jour de l'an, et les occasions assez rares où je le rencontrais à Versailles, il ne pouvait exister entre nous ni intimité ni confiance. Aussi débutai-je auprès de lui par quelques propos vagues sur le malheur de notre situation.
Page 121 - C'était vers six heures du soir que ces messieurs arrivaient, et, lorsque ceux que nous avions étaient traitables, nous craignions toujours de perdre au change. Leur premier soin, en arrivant, était de se faire présenter par leurs prédécesseurs tous les malheureux Bourbons, les uns après les autres ; et souvent , après les avoir bien considérés, ils ne les honoraient que d'un petit coup de tête, ou, tout au plus, d'un
Page 301 - Je crois rêver quand je pense que dans peu j'embrasserai mes frères et que je serai réuni à eux, car je suis réduit à pouvoir à peine croire ce dont le contraire m'eut jadis paru impossible.
Page 91 - Mais cet ordre ne concerne-t-il que moi? — Vous seul; on ne me parle pas du reste de votre famille ; et si c'était une mesure générale, j'imagine qu'on me le manderait. Au reste, voici l'ordre : lisez-le vous-même. » Je le lus : il était signé par les membres du comité de salut public, et on n'y parlait effectivement que de moi seul. « Eh bien, général, je suis votre prisonnier! » Les larmes lui vinrent aux yeux. « Ah ! rendez justice à mon attachement : il est sincère, il est sans...
Page 143 - ... panier, et, malgré les administrateurs qui voulaient le retenir, s'élança dans ma prison, et vint m'embrasser. Il y avait six semaines que je ne l'avais vu, et six cruelles semaines! Ce moment fut bien doux, mais bien court... On vint aussitôt...
Page 178 - Nous ne répondîmes à cette question qu'en l'assurant sincèrement du regret que nous avions de le voir , à son âge , partager notre rigoureux sort. Il se mit à pleurer, et, s'asseyant ensuite, il resta quelque temps plongé dans une profonde méditation; puis tout à coup : « Jacquelin, s'écria-t-il, quel quantième du mois est-ce aujourd'hui?
Page 262 - Oui, répondîmes-nous, on nous assure que notre bâtiment sera prêt dans peu de jours; mais il ya déjà bien longtemps qu'on nous le promet, et en attendant nous sommes toujours dans ce triste fort. — Et si je venais pour vous en tirer, de ce triste fort? — Oh ! c'est impossible...
Page 147 - ... étaient aussi ouvertes en deux et inspectées rigoureusement; enfin tout, jusqu'aux fruits, était soumis à cette ridicule cérémonie. Comme cette opération se faisait ordinairement avec le même couteau, elle donnait à tout ce qu'on mangeait l'apparence la plus sale et la plus dégoûtante. Après avoir souffert longtemps de ce nouveau tourment sans me plaindre, je perdis une fois patience : l'homme chargé de porter le dîner le mettait sur la table , lorsque l'administrateur, présent...
Page 247 - L'ami de Bétemps qui s'était si bien employé pour faciliter notre fuite , décampa lui-même sur le bâtiment sur lequel nous devions nous embarquer , et qui fit voile à la pointe du jour, comme il l'avait annoncé. Jamais je n'oublierai l'affreuse sensation que j'éprouvai lorsque ce même matin , après avoir passé la nuit dans les plus cruelles tortures de corps et d'esprit, Maugin, chez qui j'étais, dit en regardant par la fenêtre : «Voilà un bâtiment qui part!
Page 94 - ... l'avais voulu; mais à quoi m'eussent servi ma liberté et même ma vie ( à supposer qu'elle fût en danger, ce dont je n'étais pas sûr) , si j'avais ainsi sacrifié à des craintes, peut-être frivoles, le repos et la sûreté des êtres chéris que j'aurais laissés en France, et qu'on n'eût pas manqué de tourmenter à cause de moi? Cette considération me détermina, et je renonçai à toute idée de fuite. Les circonstances dans lesquelles mon frère se trouva étaient bien différentes...

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