De l'universalité de la langue française: discours qui a remporté le prix à l'Académie de Berlin

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Bailly, Dessenne, 1784 - French language - 92 pages
 

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Page 24 - ... gouvernement. Elle a attiré par ses charmes plus que par ses richesses; elle n'a pas eu le mélange, mais le choix des nations ; les gens d'esprit y ont abondé, et son empire a été celui du goût. Les opinions exagérées du Nord et du Midi viennent y prendre une teinte qui plaît à tous. Il faut donc que la France craigne de détourner, par la guerre, l'heureux penchant de tous les peuples pour elle : quand on règne par l'opinion, at-on besoin d'un autre empire?
Page 3 - ... peu cette latinité, et en furent corrompus à leur tour. De ce mélange naquit cette multitude de patois qui vivent encore dans nos provinces. L'un d'eux devait un jour être la langue française.
Page 3 - Pour hâter notre marche, il suffira de dire que la France, naturellement partagée par la Loire, eut deux patois, auxquels on peut rapporter tous les autres, le Picard et le Provençal.
Page 1 - Une telle question proposée sur la langue latine aurait flatté l'orgueil des Romains, et leur histoire l'eût consacrée comme une de ses belles époques : jamais en effet pareil hommage ne fut rendu à un peuple plus poli, par une nation plus éclairée.
Page 26 - Quand on compare un peuple du midi à un peuple du nord, on n'a que des extrêmes à rapprocher; mais la France, sous un ciel tempéré, changeante dans ses manières et ne pouvant se fixer elle-même, parvient pourtant à fixer tous les goûts. Les peuples du nord viennent y chercher et trouver l'homme du midi, et les peuples du midi y cherchent et y trouvent l'homme du nord. Plas mi cavalier...
Page 40 - Depuis cette explosion, la France a continué de donner un théâtre, des habits, du goût, des manières, une langue, un nouvel art de vivre et des jouissances inconnues aux États qui l'entourent, sorte d'empire qu'aucun peuple n'a jamais exercé. Et comparez-lui, je vous prie, celui des Romains, qui semèrent partout leur langue...
Page 16 - Mais la prose, composée de mots dont toutes les lettres se prononcent, et roulant toujours sur des sons pleins, se traîne avec trop de lenteur; son éclat est monotone; l'oreille se lasse de sa douceur, et la langue de sa mollesse : ce qui peut venir de ce que chaque mot étant harmonieux en particulier, l'harmonie du tout ne vaut rien.
Page 48 - Ce qui distingue notre langue des langues anciennes et modernes, c'est l'ordre et la construction de la phrase. Cet ordre doit toujours être direct et nécessairement clair. Le Français nomme d'abord le sujet du discours, ensuite le verbe qui est l'action, et enfin l'objet de cette action: voilà la logique naturelle à tous les hommes; voilà ce qui constitue le sens commun.
Page 41 - Parnasse français; les poèmes, les tableaux, les marbres, ne respirèrent que pour lui. Ce qu'un autre eût fait par politique, il 'le fit par goût. Il avait de la grâce, il aimait la gloire et les plaisirs, et je ne sais quelle tournure romanesque qu'il eut dans sa jeunesse remplit les Français d'un enthousiasme qui gagna toute l'Europe. Il fallut voir ses bâtiments et ses fêtes, et souvent la curiosité des étrangers soudoya la vanité française.
Page 31 - C'est ce qui arriva aux premières années du règne de Louis XIV. Le poids de l'autorité royale fit rentrer chacun à sa place; on connut mieux ses droits et ses plaisirs; l'oreille, plus exercée, exigea une prononciation plus douce; une foule d'objets nouveaux demandèrent des expressions nouvelles : la langue française fournit à tout, et l'ordre s'établit dans l'abondance.

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