Le roman d'un spahi

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Calmann Lévy, 1896 - 360 pages
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Page 199 - a pour lui « des aspects de non-vie, de monde fini ou pas encore créé ». Les paysages de Bretagne lui font l'effet de paysages primitifs, tels qu'ils étaient il ya trois mille ans. — Mais tout de suite, tandis qu'il songe à...
Page 1 - En descendant la côte d'Afrique, quand on a dépassé l'extrémité sud du Maroc, on suit pendant des jours et des nuits un interminable pays désolé. C'est le Sahara, la « grande mer sans eau « que les Maures appellent aussi « Bled-el-Ateuch », le pays de la soif.
Page 329 - Il avait une soif ardente, et de petits mouvements convulsifs commençaient à agiter sa gorge. Souvent il avait vu mourir de ses camarades d'Afrique, et il connaissait ce signe lugubre de la fin, que le peuple appelle le hoquet de la mort.
Page 331 - Et, plus calme, souffrant moins, il s'affaissa de nouveau sur son lit de sable. Des souvenirs de son enfance revivaient maintenant en foule dans sa tête, avec une netteté étrange. Il entendait une vieille chanson du pays, avec laquelle jadis sa mère l'endormait, tout petit enfant dans son berceau ; et puis, tout à coup, la cloche de son village sonnait bruyamment, au milieu du désert, l'Angélus du soir. Alors, des larmes coulèrent sur ses joues bronzées ; ses prières d'autrefois lui revinrent...
Page 1 - Les solitudes défilent, avec une monotonie triste, les dunes mouvantes, les horizons indéfinis, - et la chaleur augmente d'intensité chaque jour. Et puis enfin apparaît au-dessus des sables une vieille cité blanche, plantée de rares palmiers jaunes ; c'est Saint-Louis-du-Sénégal, la capitale de la Sénégambie.
Page 332 - Alors les larmes coulèrent sur ses joues bronzées ; ses prières d'autrefois lui revinrent à la mémoire, et lui, le pauvre soldat, se mit à prier avec une ferveur d'enfant ; il prit dans ses mains une médaille de la Vierge, attachée à son cou par sa mère ; il eut la force de la porter à ses lèvres, et l'embrassa avec un immense amour. Il pria de toute son âme cette Vierge des douleurs, que priait chaque soir pour lui sa mère naïve ; il était tout illuminé des illusions radieuses de...
Page 96 - Et toujours, pas un souffle dans l'air, pas un frémissement dans la nature accablée. Puis tout à coup une grande rafale terrible, un coup de fouet formidable couche les arbres, les herbes, les oiseaux, fait tourbillonner les vautours affolés, renverse tout sur son passage. C'est la tornade qui se déchaîne, tout tremble et s'ébranle ; la nature se tord sous la puissance effroyable du météore qui passe. Pendant vingt minutes environ, toutes les cataractes du ciel sont ouvertes sur la terre;...
Page 322 - Homère et qui restera obscur et ignoré, comme tant d'autres de ;ces combats lointains d'Afrique ! Ils firent des prodiges de valeur et de force, les pauvres spahis, dans leur défense suprême. — La lutte les enflammait, comme tous ceux qui sont courageux par nature et qui sont nés braves ; ils vendirent cher leur vie, ces hommes qui tous étaient jeunes, vigoureux et aguerris ! — Et dans quelques années, à Saint-Louis même, ils seront oubliés. — Qui redira encore leurs noms, — à...
Page 2 - On s'approche, et on s'étonne de voir que cette ville n'est pas bâtie sur la plage, qu'elle n'a même pas de port, pas de communication avec l'extérieur ; la côte, basse et toujours droite, est inhospitalière comme celle du Sahara, et une éternelle ligne de brisants en défend l'abord aux navires. On aperçoit aussi ce que l'on n'avait pas vu du large : d'immenses fourmilières humaines sur le rivage, des milliers et des milliers de cases de chaume, des huttes lilliputiennes aux toits pointus,...
Page 89 - De temps à autre, un cri d'oiseau de marais, au milieu du calme immense. De loin en loin, un baobab étend dans l'air immobile ses branches massives, comme un grand madrépore mort, un arbre de pierre, et la lune accuse avec une étonnante dureté de contours sa structure rigide de mastodonte, donnant à l'imagination l'impression de quelque chose d'inerte, de pétrifié et de froid.

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