Les Corsaires du littoral: Dunkerque, Calais, Boulogne, de Philippe II à Louis XIV (1568-1713)

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Presses Univ. Septentrion, 2000 - History - 358 pages
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Le nom de Dunkerque est indissociablement lié à celui de Jean Bart, souvent baptisé roi des corsaires ; or Jean Bart a fait l'essentiel de sa carrière au service du roi. On situe généralement l'apogée de la guerre de course pendant la guerre de Succession d'Espagne, associant Saint-Pol et Forbin à cette réussite dunkerquoise. Tous deux étaient officiers du roi mais pratiquèrent une stratégie dont le succès repose sur la création par Vauban de l'arsenal de Dunkerque. Il faut donc clarifier les rapports complexes entre les « corsaires particuliers » et les vaisseaux du roi. Tous attaquaient le commerce ennemi, le plus souvent ensemble, mais le danger et la gloire du combat revenaient le plus souvent aux navires du roi. Cependant Vauban n'a pas tout fait. De nouvelles recherches et la publication de thèses récentes amènent à redécouvrir Dunkerque « l'Espagnole », place essentielle de l'Espagne dans sa lutte contre les Provinces-Unies en révolte. De Philippe II à Philippe IV, l'Espagne définit une législation et une stratégie corsaire qui seront reprises par les autres nations européennes. L'amirauté de Dunkerque et le Conseil des Prises de Bruxelles encouragèrent les Dunkerquois dont les résultats furent étonnants. La défaite de l'Invincible Armada en 1588 et celle de l'amiral Oquendo aux Dunes en 1639 ont fait oublier que les galions du roi d'Espagne ou des Archiducs basés à Dunkerque, associés aux corsaires du port ont capturé jusqu'à 280 navires par an, soit des résultats largement équivalents à ceux obtenus sous Louis XIV. Les meilleurs corsaires devinrent amiraux espagnols. La clé de ce succès reposa sur l'association entre navires du roi et particuliers. Cette stratégie, codifiée en 1637 par Jacques Colaert, corsaire devenu Amiral de la flotte de Flandre, fut reprise par Vauban et les Pontchartrain. Face à cette puissance dunkerquoise, Boulogne et Calais firent leurs premières armes de cités corsaires mais l'Etat ne réalisa pas les infrastructures portuaires indispensables. Une course encore largement méconnue exista cependant, qui annonçait les succès de la Révolution et de l'Empire. Proposer une relecture du rôle des corsaires du Littoral en s'appuyant sur les recherches les plus récentes, tel est l'objet de ce livre.

 

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Contents

Avantpropos
7
Chapitre II
45
Chapitre III
97
Chapitre IV
145
Chapitre V
211
Chapitre VI
281
Forbin et la stratégie corsaire de Louis XIV
295
Le chevalier de Tourouvre et la généralisation
305
Essai de quantification lapogée dunkerquoise
314
Quelques faits de la vie quotidienne
333
Bibliographie des corsaires
341
Liste des tableaux et des illustrations
351
Copyright

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About the author (2000)

Patrick Villiers, docteur ès lettres et sciences humaines, est professeur des universités en histoire moderne et contemporaine à l'université du Littoral-côte d’Opale. Il dirige le Centre de Recherches d’Histoire Atlantique et Littorale. Ses recherches portent sur les relations maritimes du littoral français de la Méditerranée à la mer du Nord en temps de paix et de guerre avec le monde colonial des xviie aux ixe siècles : Amérique du Nord, Antilles, côte d’Afrique, dans une perspective de relecture du rôle respectif des marines de guerre et de commerce : constructions navales, convois coloniaux, batailles navales, guerre de course, armateurs et monde portuaires etc.

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