Châteaux forts et féodalité en Ile de France, du XIème au XIIIème siècle

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EDITIONS CREER, 1983 - History - 507 pages

 Les châteaux forts, pour mieux connus qu'ils deviennent peu à peu de nos jours, ne constituent pas moins pour une bonne part une catégorie d'édifices encore inégalement familière à nos curiosités d'aujourd'hui. Dressés en très grand nombre au cours des cinq siècles qui précèdent les temps modernes, ils ont subi plus que tout autre construction monumentale, les destructions et les avanies. Cependant il demeure en bien des régions une assez appréciable variété de leurs vestiges pour nous permettre de retrouver l'évolution de la construction militaire qu'il est intéressant de suivre parallèlement à celles des domaines féodaux. Parmi toutes les provinces que firent la France, la région s'étendant autour de Paris, et qui ne s'appela que bien plus tard Île de France, est une de celles où l'on peut le mieux suivre cette double évolution. Moins connue pour ses châteaux forts que l'Auvergne, les Vosges ou les Corbières, les siens seraient peut-être plus célèbres s'ils étaient plus éloignés de la capitale, cette région offre néanmoins un champ d'investigation passionnant pour le visiteur attentif. Le noyau de ce territoire est, bien entendu, formé par l'essentiel du domaine royal des premiers Capétiens, toutefois nous arrêtant au Gâtinais, nous n'y comprendrons pas l'Orléanais trop éloigné et d'ailleurs pauvre en fortifications. A l'Ouest, les confins du comté de Blois-Chartres et du duché Normand marqués par l'Eure et l'Epte, nous borneront aisément, mais nous inclurons ici le Drouais toujours resté dans l'orbite royale, même lorsqu'il eut ses comtes particuliers. Au Nord et à l'Est, il est plus aisé d'énumérer les pays inclus dans cette étude que de préciser une frontière invisible sur le terrain et dans l'histoire, le Vexin français, le Sud du Beauvaisis, les comtés de Beaumont et de Clermont, le Valois, le Tardenois, la Goële et les deux Bries, française et champenoise, se trouveront compris à l'intérieur de nos limites qui suivent approximativement une ligne joignant Gisors, Gournay, Beauvais, Compiègne, Soissons, Dormans, Montmirail, Nogent-sur-Seine, Château-Landon, Pithiviers, Dreux, Vernon. A l'intérieur de ce périmètre on rencontre un nombre encore respectable de vestiges ou de constructions militaires érigés tout au long des époques qui jalonnent le Moyen Âge. En parcourant l'inventaire que l'on peut faire des châteaux forts de l'Île de France et de leurs sites encore visibles, une constatation s'impose : leur diversité, correspondant à l'étendue de temps pendant lequel ils furent élevés, permet de suivre assez complètement toute l'histoire de la construction militaire médiévale, depuis les premiers châteaux de pierre jusqu'aux derniers perfectionnements qu'imposèrent les progrès de la poliorcétique lors de l'apparition de la poudre.


 


EXTRAIT


DOURDAN

(Essonne)



En plein centre de la ville de Dourdan s'étale largement la forteresse médiévale la plus vaste, la plus régulière et la mieux conservée qui ait été élevée en Île-de-France par nos rois capétiens. Les terres appartenaient déjà à la famille d'Hugues Capet au Xème siècle et au début du XIIème, le château qui précéda celui que l'on voit aujourd'hui servit de base d'attaque contre les barons du Hurepoix et de la Beauce dont Louis VI voulait abattre la puissance.

C'est à la fin de son règne, autour de 1220, que Philippe Auguste construisit le château de Dourdan que nous voyons aujourd'hui. Le terrain de très faible déclivité lui permit d'asseoir sa forteresse de façon spacieuse et rationnelle : tout le fruit de son expérience de constructeur a pu trouver à s'y exprimer.

Le plan général est celui déjà choisi quelques années auparavant pour le premier Louvre : un quadrilatère régulier flanqué de tours cylindriques aux angles et au milieu des courtines. Toutefois une variante importante par rapport au palais parisien : le donjon n'est pas élevé au centre de façon passive et dépendante de l'enceinte, mais à l'un des quatre angles ? celui du Nord, le côté peut-être le plus menacé ? et directement avec l'extérieur de la forteresse dont il est isolé par son propre fossé.

Ce plan, d'une simplicité remarquable, est devenu en quelque sorte l'archétype du château médiéval, on le retrouve identique à Nesles-en-Tardenois et très peu différent en une demi-douzaine de lieux fortifiés en Île-de-France, sans compter bon nombre de châteaux élevés au XIIIème siècle dans les diverses provinces françaises.

L'enceinte à quatre côtés n'est pas tout à fait carrée mais légèrement trapézoïdale et mesure environ 70 m sur 70. Elle est encadrée d'un fossé régulier large de 12 mètres et profond de 6, à fond plat et complètement pavé de grés, autour du donjon qui proémine à l'angle Nord du plan, le fossé décrit une large courbe pour l'enrober. Toutes les contrescarpes sont maçonnées ?

 

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... Au siècle suivant une famille de Guyenne, les Madaillon (sic), devint propriétaire de Montataire pour trois siècles. L'un d'eux, Arnaulton rebâtit le château qui avait été ruiné par les sièges successifs de la guerre de Cent Ans. Un de ses descendants, Jean, fut compagnon de luttes d'Henry IV et hébergea le roi en sa demeure.
Le château que l'on voit aujourd'huy placé en balcon sur la vallée a été très remanié surtout au XVIIe siècle mais il conserve trois tours cylindriques dont le gros œuvre doit remonter aux reconstructions des Madaillan au XV ème siècle.
Cette famille, dont les représentants reçurent entre temps le titre de marquis de Montataire, s'éteignit en 1 756; ...
 

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Page 479 - LEBEUF Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris (Paris, 1883-1893, 7 vol.), t.
Page 45 - Ulger, qui se suivirent à peu d'années d'intervalle dans le dernier quart du XIe siècle et la première moitié du xir.

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