L'esprit de la philosophie médiévale

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Vrin, 1983 - History - 446 pages
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Essayer de dégager l'esprit de la philosophie médiévale c'était se condamner à fournir la preuve de son existence ou à avouer qu'elle n'a jamais existé. C'est en cherchant à la définir dans son essence propre que je me suis vu conduit à la présenter comme la "philosophie chrétienne" par excellence. [...] Il se trouve donc que cet ouvrage converge vers cette conclusion, que le moyen âge a produit, outre une littérature chrétienne et un art chrétien, ce que l'on savait assez, une philosophie chrétienne, ce dont on dispute. Il ne s'agit pas de soutenir qu'il a créé cette philosophie de rien, pas plus qu'il n'a tiré du néant son art et sa littérature. La seule question qu'il s'agisse d'examiner est de savoir si la notion de philosophie chrétienne a un sens, et si la philosophie médiévale, considérée dans ses représentants les plus qualifiés, n'en serait pas précisément l'expression historique la plus à adéquate. L'esprit de la philosophie médiévale, tel qu'on l'entend ici, c'est donc l'esprit chrétien, pénétrant la tradition grecque, la travaillant du dedans et lui faisant produire une vue du monde, une Weltanschauung spécifiquement chrétienne. Il a fallu des temples grecs et des basiliques romaines pour qu'il y eût des cathédrales ; pourtant, quelle que soit la dette de nos architectes médiévaux à l'égard de leurs prédécesseurs, ils s'en distinguent, et l'esprit nouveau qui leur a permis de créer est peut-être le même que celui dont se sont inspirés avec eux les philosophes de leur temps. Pour savoir ce qu'il peut y avoir de vrai dans cette hypothèse, la seule méthode à suivre était de montrer la pensée médiévale à l'état naissant, au point précis où la greffe judéo-chrétienne s'insère dans la tradition hellénique. (Extrait de la Préface de L'Esprit de la philosophie médiévale)
 

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Contents

Préface vu Note pour la deuxième édition vin Chapitre premier Le problème de la philosophie chrétienne
1
La notion de philosophie chrétienne
17
Lêtre et sa nécessité
39
Les êtres et leur contingence
63
Analogie causalité et finalité
85
Loptimisme chrétien
110
La gloire de Dieu
133
La providence chrétienne
154
Lintellect et son objet
249
Lamour et son objet
266
Libre arbitre et liberté chrétienne
284
Loi et moralité chrétienne
304
Intention conscience et obligation
324
Le moyen âge et la nature
345
Le moyen âge et lhistoire
365
Le moyen âge et la philosophie
384

Lanthropologie chrétienne
175
Le personnalisme chrétien
194
La connaissance de soimême et le socratisme chrétien
214
La connaissance des choses
234
Appendice Note sur la cohérence de la mystique cistercienne
403
Notes bibliographiques pour servir à lhistoire de la notion de philosophie chrétienne
413
Index des noms propres
441
Copyright

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About the author (1983)

Born in Paris, Etienne Gilson was educated at the University of Paris. He became professor of medieval philosophy at the Sorbonne in 1921, and in 1932 was appointed to the chair in medieval philosophy at the College de France. In 1929 he cooperated with the members of the Congregation of Priests of St. Basil, in Toronto, Canada, to found the Pontifical Institute of Medieval Studies in association with St. Michael's College at the University of Toronto. Gilson served as professor and director of studies at the institute. Like his fellow countryman Jacques Maritain, Etienne Gilson was a neo-Thomist for whom Christian revelation is an indispensable auxiliary to reason, and on faith he accepted Christian doctrine as advocated by the Roman Catholic church. At the same time, like St. Thomas Aquinas, he accorded reason a wide compass of operation, maintaining that it could demonstrate the existence of God and the necessity of revelation, with which he considered it compatible. Why anything exists is a question that science cannot answer and may even deem senseless. Gilson found the answer to be that "each and every particular existing thing depends for its existence on a pure Act of existence." God is the supreme Act of existing. An authority on the Christian philosophy of the Middle Ages, Gilson lectured widely on theology, art, the history of ideas, and the medieval world.

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