La vie et les mémoires du général Dumouriez, Volume 1

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Baudouin Frères, 1822 - France - 1176 pages
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Page 289 - J'ai reçu le Mémoire de l'infortuné La Chalotais. Malheur à toute ame sensible qui ne sent pas le frémissement de la fièvre en le lisant. Son cure-dent grave pour l'immortalité ! les Parisiens sont des lâches ; ils gémissent, soupent et oublient tout.
Page 407 - Patrie, mes sentimens ne peuvent pas vous être douteux. Vous avez été généreux pour moi , et jamais je n'ai été Esclave. Ma conduite passée , que vous avez honorée de votre suffrage, vous répond de ma conduite future ; j'ose dire que ma vie entière a été un ser'ment à là Liberté 5 c'est déjà l'avoir fait à la Constitution que vous établissez.
Page 128 - Établir un gouvernement régulier chez un peuple qui n'en voulait point, réunir sous les mêmes lois des hommes divisés et indisciplinés, former à la fois des troupes réglées, et instituer une espèce d'université qui pouvait adoucir les mœurs, établir des tribunaux de justice, mettre un frein à la fureur des assassinats et des meurtres, policer la barbarie, se faire aimer en se faisant obéir, tout cela n'était pas assurément d'un homme ordinaire.
Page 300 - Il laissa sur le dos d'un des sphynx une petite instruction sur la manière d'écrire sur les bûches. Il récompensa ses porte-clefs ; il fit aussi une petite gratification à quelques-uns de ses amis invalides. En lui rendant ses effets, on exigea de lui la signature d'un serment par lequel il s'engageait à ne jamais rien révéler de ce qu'il avait vu ou éprouvé à la Bastille ; il le regarda comme une formule qui ne l'engageait à rien. M.
Page 189 - ... les plus élevés. On voyait en lui un mélange remarquable des vertus admirées dans les anciennes républiques, et de cette galanterie que la société des femmes a fait naître chez les peuples modernes. Il disait un jour à de jeunes Français : Je n'ai que deux intérêts au inonde, défendre la liberté de mon pays , et perdre la mienne, etc...
Page 260 - A ce dernier article il eut la curiosité d'en demander la raison. Le major lui dit finement qu'un prisonnier avait eu la malice de s'étrangler, en avalant un ardillon. Après cette belle remarque, ce major eut l'horrible imprudence de lui laisser ses boucles de jarretières. Il ne l'en avertit pas , et comme il avait grand faim , il demanda à souper. On lui dit qu'il était bien tard. Effectivement , la visite et l'enregistrement des effets avaient pris une heure et demie.
Page 289 - N'adresse point au ciel une plainte importune; Et , quel que soit le cours de ton sort incertain , Apprends de moi que l'infortune Est le creuset du genre humain. En 1786, le comte d'Artois, étant à Cherbourg , a copié dans son porte-feuille ce distique , dont on peut s'appliquer le but moral même ailleurs qu'en prison, dans les calamités méritées, ou non méritées, qui accablent notre chétive existence. Si ces Mémoires tombent sous sa main, il pourra se rappeler ce distique. A l'époque...
Page 71 - Use déchaînait continuellement contre la nation française , et ne parlait d'elle qu'avec mépris , surtout de son armée. Il ne manquait ni d'esprit ni d'instruction. Tout le corps diplomatique fut un jour rassemblé à un grand dîner chez le comte de Kreutz qui depuis a été ambassadeur de Suède à Paris, et qui est mort ministre de Gustave III. C'était une espèce de fête qu'il donnait à la comtesse Boutourlin, trèsjolie femme , ambassadrice de Russie. La conversation de table tomba sur...
Page 261 - Il lui apporta du pain et du vin pour son déjeuner , et lui dit de s'habiller, parce qu'à neuf heures le gouverneur voulait le voir. Cet homme , à qui il demanda s'il n'y avait point de meilleure chambre , lui dit que c'était une des meilleures de la tour de la liberté ; car , par un raffinement de barbarie , on avait donné ce nom à une tour de la Bastille. Ainsi , comme la chambre était au troisième étage , elle s'appelait la troisième liberté. Il dit en riant au geôlier : « Il me...
Page 62 - Votre fils est dia» blement vif , mais j'avoue que j'ai eu le premier » tort ; il voit en grand , et s'il ne s'est pas trompé, » il aura bien du mérite à mes yeux. Laissons-le » user son feu contre le flegme espagnol , cela lui » fera du bien. » Au bout de quelques jours, Dumouriez reçut un gros paquet qui contenait : i° une lettre du duc , très-honnête , 2° un certificat de noblesse qu'il n'avait pas demandé , 3°...

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