donnée au chef. Quant aux réglements de police , il est très - vraisemblable, que dans les cas urgents où il s'agissoit d'assurer la tranquilité publique, les Commandeurs avoient le droit d'en faire de provisoires de l'avis de leur cha* pitre.

1l y avoit une autre classe de Commandeurs , dont l'autorité étoit moins étendue: c'étoient les Hausr-Cammenthur ou Commandeurs de château. H a us s signifiant an* ciennement un château ou une forteresse 3). Quand ils étoient subordonnés à un Comman* deur, c'étoient des commandants en second? les mêmes probablement, que l'on voit quelquefois qualifies de Vice-Commandeurs. Il est vraisemblable qu'ils, présidoient au chapitre pendant l'absence du Commandeur. Leurs fonctions étoient très-importantes, soit qu'ils commandassent en chef dans un château fort, ou qu'ils fussent sous les ordres d'un Commandeur:

3) Voyés Hartknoch p. 61J. Irohof les nomme Com~ mendatores castri (in noWprpc. Imp.) Il ne faut pa< les confondre avec les Commandeurs de maison des. Templiers, que Munter nomme aussi en allemand, Jtaufs- Comthure, parceque le mot Uaufs qui désignoit dans la Prusse, un château fort, signifie aussi une maison dans le langage commun. Ces Commandeurs de maison des Templiers étoient des freres servants, especes d'administrateurs, qui. 11'avoient d'autorité que sur d'autres servant». Q en fut peut- être de même chés les Tentoniqnes en Palestine .* mais eu Prusse on ne peut pas douter que ces Commandeurs de forteresses, n'aient été tous, ou presque tous de la classe des chevalier».

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par exemple; le GïWd - Maréchal commandeur à Kônigsberg, devant s'absenter souvent pour se mettre à la tête de l'armée, c'étoit le Hauss-Commenthur qui étoit chargé du Commandement de cette grande ville. Ces Commandeurs avoient aussi séance dans les tribunaux des villes où ils habitoient. Il y a encore actuellement dans l'Ordre, des chevaliers qui portent le titre de Hau s s - Commenthur; mais les circonstances actuelles rendent leurs fonctions moins importantes qu'elles ne l'étoient dans la Prusse et dans la Livonie. Quant aux Commandeurs des maisons situées dans des pays où l'Ordre n'étoit point habituellement en guerre, tels que ceux de l'Allemagne , ils n'étoient proprement que les administrateurs des biens qui leur étoient confiés: cependant on envoyoit souvent des Commandeurs et d'autres freres de l'Allemagne et des autres pays au secours de ceux de la Prusse et de la Livonie, qui avoient presque toujours les armes à la main.

Ce que nous venons de dire des Commandeurs ne souffre pas de difficultés: mais si on vouloit entrer en détail sur les freres qui avoient d'autres emplois, il y auroit une extrême difficulté à débrouiller ce cahos. En effet, s'il y a eu beaucoup de variété dans la dénomination des premieres personnes de l'Ordre, comme nous l'avons observé en parlant des Maîtres provinciaux etc., il n'y en a pas eu moins dans celle des personnes qui leur étoient subordonnées. Nous allons en rapporter des exemples, moins

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pour prouver ce que nous avançons, que pour
tirer de l'oubli quelques restes de l'antiquité.

L'an 1202 il y avoit un frere Gérard Maître
et Prieur de la Commanderie de Palerme, qui
étoit la premiere du Baillage de la Sicile. On
trouve entre les témoins d'une chartre de Her-
man Supérieur de toutes les maisons de l'Ordre
en deçà de la mer, Henri qualifié de Maître,
(Henricus Magister de Aldenburch), dont le nom
est placé entre ceux des Commandeurs de Por-
sendorf et de Halle: ainsi Henri n'étoit qu'un
Commandeur d'Aldenburch. Dans une chartre
de l'an 1238, Henri Commandeur-provincial du
Baillage des Vieux-Joncs (Altenbies en), prit
aussi la qualité de Maître; il est vrai qu'on ne
peut pas s'y tromper; car il ne prend le titre
de Maître que des Vieux-Joncs et des parties
inférieures; c'est-à-dire de la base Germanie
(Magister Henricus Homus Theutonicorum Stae.
Mariae de juncis et fartium inferiorum). Un
écrivain polonois parlant du couvent des Reli-
gieuses Bénédictines de Culm-, rapporte qu'il a
été bâti en 1274 par Jean Maître desTeutoniques;
il n'y avoit alors, ni Grand - Maître, ni Maître
de Prusse qui se nommât Jean; ainsi il est pro-
bable que ce prétendu Maître étoit un Comman-
deur du pays de Culm *).

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C'étoit surtout en Italie qu'il y avoit une grande variété, ou pour mieux dire, une grande confusion dans la dénomination tant des supérieurs que des inférieurs. Dans quelques extraits de chartres relatives au Baillage de la Lombardie et à la Commanderie de Padoue, qui m'ont été communiqués par Mr. l'Abbé Gennari le Commandeur - provincial est communément désigné par le nom de Précepteur; quelque fois le mot provincial y est ajouté; d'autres fois il n'est nommé que provincial. Dans deux chartres des années 1383 et 1389 il est nommé provincial d'Italie, malgré qu'il y eût encore dans cette contrée un autre Baillage que celui de la Lombardie. Dans une chartre de l'an 1373, il est nommé Gardien (Custos et Preceptor); dans une autre de la même année, il n'est nommé

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de St. Jean ne voulurent pas se tenir. Les Teutoniques s'en plaignirent au Pape Boniface VIH. qui délégua quelques dignitaires du chapitre de Wiiitzbourg pour mettre la sentence arbitrale en exécution; dans cette bulle le chef des Teutoniques de Mergentheim est nommé Commandeur, et celui des Hospitaliers est qualifié de Maître. L'Ordre Teutonique acquit ensuite, cette commanderie de l'Ordre de St. Jean, au moyen d'un échange. L'Ordre de St. Jean a donc eu réellement une commanderie à Mergentheim, mais elle n'a jamais été une place forte destinée à perpétuer le souvenir de l'importante forteresse de Margat que les Hospitaliers avoient eue en Palestine, Ceci doit servir à rectifier ce que j'ai dit dans l'histoire de l'Ordre (tom. I. pag. 474.) d'après un passage de l'histoire de Malthe de l'Abbé de Vertot.

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que Commandeur, et dans un acte de l'an 1396 il est désigné par la dénomination de provincial et recteur. On voit encore dans une chartre de l'an 1256, un frere Henri Prieur et Recteur de la maison de Padoue, mais qui.ne paroît pa3 avoir été le Commandeur-provincial 5).

J'ai la copie de deux chartres qui sont conservées dans les archives du chapitre métropolitain de Brindes au Royaume de Naples , qui contiennent des dénominations singulieres , et dont la premiere est encore remarquable par son ancienneté 6). Si, par le nom d'allemands il falloit entendre ici, les freres Teutoniques, cet acte prouveroit qu'ils av oient une maison à Brindes, composée de sept freres, qui venoit d'être bâtie pe\i de tems avant le mois de Juin de l'an 1191, date de la chartre: le Supérieur s'y qualifie.de Maître: Ego Guintmdus Magister hospitalis Alamanorum quod in Brundusio noviter est constructum, 'L'Archevêque ayant permis à ces hospitaliers de construire une église, cet acte contient les obligations qu'ils eontractoient envers lui et le chapitre métropolitain. Il se pourroit qu'il s agisse plutôt ici, d'un hopital établi en faveur des croisés allemands qui alloient s'embarquer pour la Terre - sainte, que >l

d'un établissement des Teutoniques qui auroit

5) La note se trouve à la fin du volume Num. II.

6) C'est à Mr. Tirab oschi bibliothécaire du Duc de Modene, que je dois la connoissance de ces deux chartres qui ont été copiées en ma faveur, par Mr. Annihal de Leo Archidiacre de l'églia* de Brindes.

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