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On demandera peut-être pourquoi Aphthonius ne nomme pas ce lieu Serapeum. Je crois en voir la raison : c'est qu'à l'époque où il écrivoit, le culte de Sérapis étoit détruit ; et cela confirme l'observation que j'ai faite précédemment sur l'âge de ce rhéteur. Que les portiques décrits par les auteurs Arabes cités tant par moi-même que par M. White, soient ceux dont parle Aphthonius, et dont Ruffin dit, Porticus post haec omnem ambitum, quadratis ordinibus distinctœ , intrinsecus circumibant, c'est ce dont je ne doute aucunement : mais je n'oserois également assurer, quoique je le conjecture, que ce soit pareillement de ces portiques que parle Ptolémée, ou plutôt Hipparque, cité par Ptolémée dans sonTraité de la grande construction. - , « Par ces observations, dit Hipparque, il paroît clairement que les diffé» rences des années ont été infiniment petites. Quant aux solstices, je ne » suis pas éloigné de croire qu'Archimède et nous-mêmes nous nous soyons » trompés, et dans l'observation, et dans le calcul, jusqu'à un quart de jour. » On peut connoître exactement l'irrégularité des révolutions annuelles, par » les observations faites sur le cercle de cuivre qui est à Alexandrie, dans le » portique nommé quadrangulaire [ ], et qui paroît destinéà indiquer le jour de » l'équinoxe, jour auquel sa surface concave commence à être éclairée du côté » opposé (à celui qui étoit illuminé avant l'équinoxe). » Ici Ptolémée, d'après Hipparque, rend compte d'un grand nombre d'observations d'équinoxes de printemps et d'automne, faites à Alexandrie sur le cercle dont il s'agit : Hipparque ne dit pas les avoir faites lui-même , quoiqu'il semble en garantir l'exactitude, et que les années où elles ont été faites conviennent à l'époque où il florissoit (147 et années suivantes avant J. C.). Après cela, Ptolémée reprend ainsi : « Le défaut d'exactitude (provenant du vice des instrumens ) est encore » plus grand dans ceux qui ne sont pas placés chaque fois et vérifiés exacte» ment au moment même des observations, mais qui, depuis une époque » quelconque, ont été établis à demeure sur le plan où ils sont dressés, pour » qu'ils conservassent longtemps une même position. Leur inexactitude a lieu, » quand, par le laps du temps, ils ont éprouvé un déplacement, sans que » l'on s'en soit aperçu. C'est ce qu'on peut voir dans les cercles de cuivre qui [1]'Axp16 , 3 dVyasa xaTayoêiSu i dro- | 42h so & Axe#arépéta xetu&ov xaxxoo xpiuov, uaxia #'inavoioy 2eérov, & #f 7tTipruôoor | c Tii Ti'lezyara xaxov,uéro oo.

» sont chez nous dans la palestre, et qui paroissent posés dans le plan du – » cercle équinoxial [1] : car, en observant, nous avons reconnu dans leur

» position, et sur-tout dans celle du plus grand et du plus ancien, une telle
» différence, que quelquefois leurs surfaces concaves se trouvent illuminées
» deux fois aux mêmes jours équinoxiaux »
Si le portique quadrangulaire dont parle Hipparque est le même que celui
qui est décrit par Aphthonius, ne pourroit-on pas supposer que le chapiteau
de la colonne de Pompée supportoit un petit observatoire, et que c'étoit là
qu'étoit posé le cercle sur lequel furent faites les observations des équinoxes
rapportées par Hipparque ! Cette colonne n'étoit peut-être pas isolée, mais
liée avec quelque partie des bâtimens environnans qui y donnoit accès; et
cette circonstance expliqueroit le silence de Strabon sur cette colonne. Ce
que dit Aphthonius, que sur le chapiteau de la colonne on voyoit les prin-
cipes des choses, peut s'entendre de certaines figures relatives à l'astronomie,
comme les signes du zodiaque ou les représentations des constellations.
Suivant quelques auteurs Arabes, ce chapiteau portoit une statue de bronze,
qui fut fondue et convertie en monnoie de cuivre sous le khalifat de Walid
fils d'Abd-almélic. Abd-allatif dit avoir vu sur le chapiteau une kobba, c'est-
à-dire, une coupole ou construction en forme de voûte. Pococke avoit fait
remarquer qu'il paroissoit avoir été destiné à porter une statue,-parce qu'on
y voyoit un creux pratiqué sans doute pour recevoir quelque chose. M. Norry,
Parlant de ce chapiteau, dit : « Un cercle de 2 mètres 2 centimètres [6 pieds

» 3 pouces] de diamètre, et déprimé de 6 centimètres [2 pouces ], feroit

» croire qu'il y a eu autrefois un socle dessus , portant peut-être la figure du » héros à qui l'on avoit élevé cette colonne. » · On voit, par la figure jointe à la relation de M. Norry, que la plate-forme · du chapiteau a, dans sa partie la plus étroite, 9 pieds 3 pouces de diamètre, et que sa diagonale est de 16 pieds 3 pouces. Le cercle tracé sur le chapiteau, ayant 6 pieds 3 pouces de diamètre, auroit pu suffire pour y placer quelques instrumens d'observation, et il pouvoit être mis à l'abri des injures du temps Par un petit dôme dans lequel on auroit pratiqué les ouvertures nécessaires.

De grands cercles destinés aux observations astronomiques, placés ainsi

sur de hautes colonnes ou dans des bâtimens très-élevés, comme la tour du

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LIVRE I." CHAPITRE lV.

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phare, peuvent avoir donné lieu à ce que les écrivains Arabes, toujours

LIVRE §v amis du merveilleux, racontent du grand miroir placé sur le phare d'AlexanCHAPITRE IV. - - - - A

drie, au moyen duquel on voyoit les vaisseaux sortir des ports de la Grèce.

«54> L'affixe féminin, dans las , paroît ne pouvoir se rapporter qu'aux colonnes tisYl ; car il n'est guère naturel de penser qu'il se rapporte à & oe-. Au surplus, il pourroit se rapporter à ,l>, qui régulièrement est féminin.

«55> Plusieurs écrivains célèbres ont révoqué en doute le fait rapporté par Abou'Ifaradj, dans son Histoire Arabe des dynasties, au sujet de la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie par l'ordre du khalife Omar; et il faudroit une longue dissertation pour rapporter et apprécier tout ce qui a été écrit à ce sujet. On trouvera les motifs sur lesquels ces doutes sont fondés, dans une dissertation Allemande publiée à Gottingue, en 1792, par M. Ch. Reinhard, sous ce titre, llebet bie jüngsten 6dbid'fase bet 2(Ieranbrinisdben - 25ibiiotbed ; et dans les Remarques sur les anciennes bibliothèques d'Alexandrie, insérées par M. de Sainte-Croix dans le Magasin encyclopédique, année V, : uas encyclop. t. IV, p.433. M. Langlès " et M. White " ont soutenu l'opinion commune,

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# # # objections que l'on faisoit valoir contre le récit d'Abou'lfaradj, étoit le silence #. des autres écrivains Arabes sur un fait aussi grave. Cette objection a sans r # # # doute perdu de sa force par les témoignages d'Abd-allatif et de Makrizi, quoique l'on pût dire encore que Makrizi n'est, vraisemblablement, dans le Mag encyclop. passage indiqué par M. Langlès, que le copiste d'Abd-allatif Sans vouloir : #" " entrer en lice ici avec le savant auteur des remarques que je viens de citer, pour lequel je fais profession des sentimens les plus vifs d'estime et d'amitié, . je produirai quelques nouvelles autorités, propres, je crois, à prouver que, si le fait, tel qu'il est rapporté par Abou'Ifaradj, offre beaucoup de détails qui ne sauroient soutenir l'épreuve de la critique, il est très-vraisemblable néanmoins qu'il repose sur une vérité historique, et qu'Amrou condamna réellement au feu, par l'ordre d'Omar, une collection nombreuse de livres qui se trouvoit à Alexandrie lors de la conquête de cette ville par les Arabes. #",# La première autorité me sera fournie par Hadji-Khalfa, écrivain moderne, #o fol. it il est vrai, mais auquel on ne sauroit contester une vaste érudition. Voici

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#>rient6, p, ayu. hique : « Dans les premiers temps de l'islamisme. les Arabes ne cultivoient 1 P. 29 P 2

22 aUlCllI16

» aucune autre science que leur langue, l'étude des décisions légales conte- – » nues dans leur code, et la médecine : car quelques particuliers parmi eux †, . » possédoient la médecine, parce qu'elle est d'une indispensable nécessité » pour tous les hommes en général. Leur éloignement pour les sciences avoit » pour but de conserver la pureté de leur croyance et des dogmes fondamen» taux de l'islamisme, et d'empêcher que l'étude des connoissances cultivées » par les anciens peuples n'y introduisît quelque affoiblissement et n'y portât X2 quelque atteinte, avant que cette nouvelle religion fût solidement affermie. » On dit qu'ils poussèrent le scrupule si loin, qu'ils brûlèrent les livres qui leur » tombèrent sous la main dans les pays dont ils firent la conquête. II fut même fait » défense de lire le Pentateuque et l'Évangile, afin que la doctrine demeurât » uniforme, et que tout se réduisît à recevoir et à mettre en pratique ce qui » étoit contenu dans l'Alcoran ou fondé sur l'exemple du prophète. » Hadji-Khalfa ajoute qu'un particulier ayant présenté à Abd-allah fils d'Abbas un livre qu'il avoit écrit, Abd-allah le prit de la main de cet homme et effaça l'écriture en le trempant dans l'eau; et il rendit raison de cette conduite, en disant que, si les Musulmans s'accoutumoient à écrire, ils perdroient l'habitude de retenir de mémoire les choses dont ils avoient besoin; et que ce qui étoit mis par écrit étoit sujet à être altéré par des interpolations, des suppressions et des changemens, inconvénient qui n'avoit pas lieu pour ce qui étoit une fois gravé dans la mémoire, Le même auteur me fournira un fait fort analogue à ce que l'on raconte de la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie ; et ici il ne fait que rap- # porter les paroles d'Ebn-Khaldoun, écrivain du vIII.° siècle de l'hégire, qui # # # est d'un grand poids. Ceci se lit dans le Dictionnaire bibliographique de Hadji-Khalfa, à l'article intitulé De la science philosophique : « Ebn-Khaldoun, dans ses Prolégomènes historiques, s'exprime en ces # » termes : Les sciences intellectuelles, qui sont naturelles à l'homme, en unt ## , fol. 19y » qu'il est doué de la faculté de penser, n'appartiennent à aucune nation casps tttttrf. » exclusivement. On voit, au contraire, que tous les peuples s'y sont appli- #o $c5 » qués, et qu'ils ont tous également connu les vérités que l'on peut saisir » dans ces sciences, et les questions auxquelles elles donnent lieu. Elles » existent dans tout le genre humain, depuis le commencement de la civili» sation : ce sont ces sciences auxquelles on donne le nom de philosophie et » de sagesse. ... Aucun peuple ne s'est plus livré à leur étude que les deux

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» grandes nations, les Perses et les Grecs..... Ces sciences furent fort en
» honneur parmi les Perses; et l'on dit même qu'elles passèrent des Perses
» aux Grecs, lorsqu'Alexandre, ayant vaincu Darius et l'ayant fait mourir,
» s'empara de ses états, et devint maître des livres des Perses et de leurs
» travaux scientifiques. Mais, quand les Musulmans eurent conquis les pro-
» vinces de la Perse, et que plusieurs des livres de cette nation furent tombés
» en leur pouvoir, Saad fils d'Abou-Wakkas écrivit à Omar, pour lui de-
» mander la permission de les transporter chez les Musulmans. La réponse
» d'Omar fut : Jetez-les dans l'eau; car, si ce qu'ils contiennent est capable
» de diriger (vers la vérité), Dieu nous a dirigés par quelque chose de bien
» supérieur à cela ; si, au contraire, ce qu'ils renferment est propre à égarer,
» Dieu nous en a préservés. On jeta donc ces livres dans l'eau et dans le feu, et
» ainsi périrent les sciences des Perses. Quant aux Grecs [ f»Jl ], l'empire
» appartint d'abord parmi eux aux Ioniens (els.2 ) : ces sciences furent aussi
» très-cultivées chez eux, et les hommes les plus célèbres de cette nation les
» soutinrent ; en sorte qu'on peut regarder ces savans comme les colonnes
» de la philosophie. Ceux qu'on nomme Jes Péripatéticiens [ e,l ll ], du
» nombre desquels sont les Stoïciens [gl, Ji -(sel], se distinguèrent particu-
» lièrement dans la culture de ces sciences.... Lorsque l'empire eut passé des
» Grecs [ e,so> ] aux Césars [#,-l-aJl] , et que ceux-ci furent devenus Chré-
» tiens, ils renoncèrent à ces sciences, suivant que l'exigeoient les dogmes
» de la religion qu'ils professoient; en conséquence, elles se conservèrent
» seulement dans les livres qui en traitoient, et qui demeurèrent enfouis dans
» leurs bibliothèques. Ensuite vint l'islamisme. ... Voilà la substance de ce
» que dit Ebn-Khaldoun. »
Il n'est pas inutile de remarquer ici, en passant, qu'avant le siècle des khalifes
Abbasis, et dans les commencemens de la dynastie des enfans d'Omayya,
quelques livres, et spécialement des traités de chimie, avoient été traduits
du grec en arabe par Khaled fils de Yézid fils de Moawia, mort en 82, sur
lequel on peut consulter Ebn-Khilcan et Abou'lféda. .
Le passage d'Ebn-Khaldoun que je viens de citer d'après Hadji-Khalfa,
ne se trouve pas dans le fragment manuscrit des Prolégomènes historiques
de cet auteur que je possède; mais j'y trouve un autre texte qui a trait au
même fait. Le voici : « Les philosophes, parmi l'espèce humaine, ont été en

» très-grand nombre ; ce qui ne nous est point parvenu des travaux faits sur l

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