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suffire à tous les besoins de notre exportation houillère? Evidemment, oui!

Pourquoi donc vouloir créer, soit à Aiguës-Mortes (au prix de sommes considérables), un port de commerce important, soit à SaintLouis (avec d'énormes dépenses), un port de premier ordre, qui pendant longtemps sans doute resterait sans clientèle?

En résumé:

Mettre Aiguës-Mortes dans de bonnes conditions comme port de cabotage;

Hâter l'achèvement du canal Saint-Louis, et faire marcher parallèlement les améliorations du Rhône fluvial, sans lesquelles le canal n'aurait pour ainsi dire pas sa raison d'être;

Installer à Saint-Louis une station d'échange entre les deux navigations, avec les emplacements les plus convenables pour les transbordements et l'outillage le plus perfectionné;

Enfin mettre Cette en état d'être l'auxiliaire de Marseille comme port charbonnier et le second port de commerce français dans la Méditerranée:

Voilà nos conclusions.

Les considérations présentées dans notre Etude spéciale sur Cette démontrent suffisamment, en effet, que c'est là qu'avec le moins de dépenses et le plus de rapidité on peut obtenir la plus grande somme de résultats utiles.

TROISIEME PARTIE.

PÉNÉTRATION DES HOUILLES ANGLAISES
A L'INTÉRIEUR.

CONCURRENCE DES CHARBONS ANGLAIS ET FRANÇAIS SUR NOS MARCHES

DE L'INTÉRIEUR.

Dans la deuxième partie, nous avons étudié les ressources offertes, pour l'exportation maritime des charbons français, par les ports de notre littoral, depuis la frontière belge jusqu'à celle d'Italie, et par les bassins houillers qui s'y rattachent.

Nous allons de nouveau examiner successivement tous ces ports, mais au point de vue de la concurrence que font à nos combustibles nationaux, sur notre propre territoire, les houilles anglaises importées par chacun d'eux.

PREMIER GROUPE.
DUNKEHQUE, GRAVELINES, CALAIS, BOULOGNE, ETC.

DUNKERQUE.

Ce port a reçu pendant les quatre dernières années les quantités

Mouvement

suivantes de nouilles anglaises: à Dunkerque. En 1866 (documents des douanes 3o,5i6 tonnes.

i865 (idem) 45,600

1866 (statistiques anglaises) 187,700

1867 (idem) 81,000l

Les charbons anglais n'y entrent dans la consommation locale que pour des quantités insignifiantes2. Nous avons vu qu'on leur préfère ex cequo les houilles françaises et belges3.

Sur les 81,000 tonnes de houilles anglaises arrivées en 1867 à Dunkerque, 75,885 tonnes ont été dirigées vers l'intérieur par le chemin de fer du Nord, et distribuées comme suit:

Paris 61,470!

Les au-delà et le chemin de fer de ceinture 355 > 6a,oa5 tonnes.

Saint-Denis aoo )

Somain 9,360

Esquclbecq 1j735

Roubaix 680

Lille 4io

Ardennes 385

Chocque a8o

Cassel a5o

Argenteuil a5o

Boulogne i5o

Diverses stations ayant reçu chacune moins de 100

tonnes, ensemble 46o

Total 75,885

Dans la même année ont été expédiées par le chemin fer du Nord,

1 Savoir : des ports écossais 3,o4a tonnes.

du Northumberland 6a,754

du Yorkshire 6,810

du Lancashire 8,139

de l'Ouest 290

Ensemble 8i,oa5

* En i865, 1,700 tonnes seulement, 3 Voir le tableau placé en tête de notre

sur une consommation totale de 69,000 en- Etude sur Duukerqne, plus haut, page 9^ viron. de ce volume.

sur Paiïs-la-Chapelle, les quantités de houilles françaises suivantes, en nombres ronds:

i De Lourches 11,710]

Rassin '— Douai 4,000 f „ .

A iv A \ c • zoo > 61,160 tonnes,

du JNord. J — Somain 43,000 l

— diverses provenances a,i5o )

De Lens 7i,3oo \

— Hénin-Liétard i4,8oo 1

Bassin \ — Bully-Grenay, 2,5oo |

du < —Fouquereuil i3,ooo }n3,5io

Pas-de-Calais.J — Chocque 5,200

— Lillers 5,3oo

— diverses provenances i,4io

Ensemble 176,670 tonnes.

11 est très-dillicile d'arriver à une évaluation exacte du mouvement des houilles sur les canaux, et surtout d'obtenir la distinction de leurs provenances et destinations. Pourtant, en s'aidant de tous les documents qu'il nous a été possible de réunir, on arriverait au chiffre moyen de 5,ooo tonnes, à peine, pour le tonnage annuel des houilles anglaises expédiées de Dunkerque vers l'intérieur par les voies navigables.

On voit que le marché de Dunkerque est conquis par nos charbons, et que la concurrence ne s'exerce sérieusement entre eux et les charbons anglais importés dans ce port, que sur la place de Paris, qui en absorbe les Jj.

Quant aux 9,000 tonnes dirigées sur Somain par chemin de fer, nous avons acquis la preuve qu'elles se composent, non de houilles, mais de brai minéral destiné à la production des agglomérés : si dans les statistiques de la compagnie on a fait figurer ce produit à l'article <t houilles, r, c'est parce que les expéditeurs l'avaient déclaré comme tel, le prix de transport du brai minéral, de Dunkerque à Somain, étant le même que celui de la houille. Nous devons, à cette occasion, faire remarquer qu'il serait désirable que toutes les compagnies suivissent

Concurrence

sur

le marché local.

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