Page images
PDF

premier rang n'est rien moins que le sine qua non de la prospérité future de la noble cité qui nous est chère à tous les titres.

Revenant à la question de l'exportation houillère, objet principal Pori de cette. de notre long travail, nous avons démontré que, môme pour devenir l'auxiliaire de Marseille à ce point de vue, il importe qu'un port possède déjà une notable importance commerciale, des relations 'établies, et que les manutentions y soient moins chères et plus rapides. Or Cette, situé de l'autre coté du golfe du Lion, offre déjà les premières de ces conditions, et réunira bientôt toutes les autres; aussi, dès à présent, les marchandises lourdes et encombrantes, notamment les douelles et les soufres, se dirigent-elles de préférence sur Celte, comme on peut le voir par la comparaison des chiffres suivants.

En 186G, il a été reçu:

_ „ (à Marseille i8,:îoo,ooo pièces.

Douelles..{,., , „

( a Cette •!a,000,000

n . (à Marseille 1 2,000 tonnes.

Soufres. ..,-,., r

( a Cette 10,000

soit, en faveur de Cette, 6,1 00,000 pièces de douelles et 6,000 tonnes de soufres.

Cette tendance provient en grande partie de ce qu'à Marseille le terrain est si cher, que le conseil général des Bouches-du-Rhône constatait déjà en 1 862 qu'une telle élévation de prix forçait les industries qui ont besoin d'emplacements vastes et peu coûteux à émigrer pour trouver ailleurs des conditions d'existence plus normales.

Le port de Cette offre, en outre, l'avantage d'être plus voisin des houillères; il n'est qu'à 170 kilomètres de Rességes, à 162 kilomètres de la Grand'Combc et à 95 kilomètres de Graissessac (ce dernier trajet sera encore raccourci de i5 kilomètres~après l'exécution des lignes concédées), tandis que Marseille est à 189 kilomètres des mines les plus rapprochées de son port1.

1 Marseille n'est plus aujourd'hui qu'à de Fuveau; mais, en appréciant toute l'îm33 kilomètres, parchemin de 1er. dos mines portance de ce bassin et les services considurables qu'il est appelé à rendre, en cher- houille plus qu'aucun autre gisement de

Nous avons vu que ces économies de parcours ne suffiraient pas à elles seules pour détourner de Marseille, même une partie de l'exportation houillère, si des conditions de convenance et de situation commerciales ne venaient s'y joindre; mais nous avons déjà vu aussi que Cette réunit ces conditions.

rLa situation de Cette, comme port houiller, disait M. l'ingénieur <ren chef Surell, dans une élude remarquable sur cette ville1, est tr unique en France, et se rapproche des admirables conditions qui ont «porté si haut le développement de Cardiff, de Swansea et de Newce castle. L'économie qui en résulte est telle, que la houille de Graisffsessac embarquée à Cette par la marine militaire ne lui coûte que ff i 9 fr. 8o cent, de transport entre la mine et Alger, tandis que le <r trajet de la mine à Toulon coûte 2 k francs.

ff Avec le nouveau tarif, la marine de l'Etat et le commerce trouvettront à Cette les charbons de Graissessac grevés seulement de 5 francs ff par tonne pour le transport de la mine au port, et ce bas prix perrf mettra de les répandre en abondance, comme chargement de retour, trsur une grande partie du littoral de la Méditerranée.

«En outre, Cette est le port naturel de quatre départements dont «la production, en i865, représentait un chargement de 1,200,000 ff tonnes, n

tfDisons aussi, écrit plus loin M. Surell, que les travaux entrepris ff par la compagnie du Midi et poursuivis par l'État pour mettre la gare adu chemin de fer en communication avec la mer feront de Cette un a des établissements les plus parfaits, les plus spacieux et les plus corner modes, pour passer économiquement de rails sur navires et récite proquement. i>

En un mot, Marseille ayant Cette pour auxiliaire, ces deux ports, améliorés et modifiés comme nous l'avons indiqué, pourraient-ils suffire à tous les besoins de notre exportation houillère? Evidemment, oui!

chant, à réunir toutes les conditions néces- ligniles connu; mais que ce lignite parfait

saires à son développement, on ne peut n'est pas de la houille. cependant oublier que les combustibles des 'Nous donnons le mémoire de M. Surell

Bouches-du-Rhone se rapprochent de la dans l'Appendice de cet ouvrage.

Pourquoi donc vouloir créer, soit à Aiguës-Mortes (au prix de sommes considérables), un port de commerce important, soit à SaintLouis (avec d'énormes dépenses), un port de premier ordre, qui pendant longtemps sans doute resterait sans clientèle?

En résumé:

Mettre Aiguës-Mortes dans de bonnes conditions comme port de cabotage;

Hâter l'achèvement du canal Saint-Louis, et faire marcher parallèlement les améliorations du Rhône fluvial, sans lesquelles le canal n'aurait pour ainsi dire pas sa raison d'être;

Installer à Saint-Louis une station d'échange entre les deux navigations, avec les emplacements les plus convenables pour les transbordements et l'outillage le plus perfectionné;

Enfin mettre Cette en état d'être l'auxiliaire de Marseille comme port charbonnier et le second port de commerce français dans la Méditerranée:

Voilà nos conclusions.

Les considérations présentées dans notre Etude spéciale sur Cette démontrent suffisamment, en effet, que c'est là qu'avec le moins de dépenses et le plus de rapidité on peut obtenir la plus grande somme de résultats utiles.

TROISIEME PARTIE.

PÉNÉTRATION DES HOUILLES ANGLAISES
A L'INTÉRIEUR.

CONCURRENCE DES CHARBONS ANGLAIS ET FRANÇAIS SUR NOS MARCHES

DE L'INTÉRIEUR.

Dans la deuxième partie, nous avons étudié les ressources offertes, pour l'exportation maritime des charbons français, par les ports de notre littoral, depuis la frontière belge jusqu'à celle d'Italie, et par les bassins houillers qui s'y rattachent.

Nous allons de nouveau examiner successivement tous ces ports, mais au point de vue de la concurrence que font à nos combustibles nationaux, sur notre propre territoire, les houilles anglaises importées par chacun d'eux.

PREMIER GROUPE.
DUNKEHQUE, GRAVELINES, CALAIS, BOULOGNE, ETC.

DUNKERQUE.

Ce port a reçu pendant les quatre dernières années les quantités

Mouvement

suivantes de nouilles anglaises: à Dunkerque.

« PreviousContinue »