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l’an de Rome DcLxxII. trente-quatre ans après le premier, &
quelque vingt ans après la mort de Lucilius , à l’exemple du-
quel il effaya de faire des Satires ; mais avec peu de fuccès,
quoi qu’il fût d’ailleurs affez bon Poëte. Dac.
46. Varrone Atacino.] Les peuples només Atacini faifoient
partie des Volces, & ocupoient un qnartier du Languedoc au-
tour de Narbone. Ils prirent leur nom de la petite riviere A-
tax, aujourdui l’Aude. Ce fut le paiis du Varron dont il s’a-
git ici. Il s’apeloit Publius Térentius, & naquit en 673 de
Rome. Il compofa divers ouvrages de poésies qui lui firent
réputation ; mais il ne réuffit pas fi bien dans la fatire. Il eft
diférent d’un autre Varron, nomé Marcus Térentius, qui étoit
Romain, & plus vieux de trente-quatre ans. SAN.
47 ATQUE QUIBUsDAM ALIIs] Il y eut beaucoup de Poë-
tes qui tâcherent d’imiter Lucilius, & de faire des Satires: Sæ-
vius Nicanor, Lenæus Affranchi de Pompée, &c. DAc.
48 Inventro RE MINoR] Le feul avantage qu’Horace pre-
tendoit avoir fur Lucilius , c’étoit de faire des vers plus cou-
lants, plus châtiez & plus égaux ; mais cela n’empêche pas
qu’il ne fe reconnoiffe toujours au defious de lui , tant à caufe
des bonnes chofes qui étoient par-ei par-là dans les Satires de
Lucilius, qu’à caufe de l’invention dont il avoit tout l’honneur.
Il y a encore plus de verité que de modestie dans ce fentiment
d’Horace. Car celui qui invente eft toujours au defus de ceux
qui le fuivent, quelque perfestion que les derniers ajoutent à ce
qu’il a inventé. Ceux qui veulent , qu’Horace ait dit ceci en
riant, & en fe moquant de Lucilius, font d’une fadeur infup-
Portable. Dac.
48. Inventore minor.] Horace apelle ici Lucile l’inventeur de
la fatire, & plus bas il dit qu’Ennius en est l'auteur. J'ai pré-
venu cette dificulté, par ce que j’ai dit fur le fifiéme vers de la
fatire Empolis atque ĉratinus. Quintilien parle de Lucile com-
me Horace , quand il dit au livre difième , chapitre premier :
fatira quidem tota nostra est , in quà primus infignem laudem
adeptus ef? Lucilias. La Satire d’Ennius & de Pacuve étoit
même entierement diférente de celle de Lucile, elles n’avoient
Proprement que le titre de commun. Satira, dit le grammai-
rien Diomède, ef carmen maledicum, & ad carpenda hominum
vitia compositum , quale fcripserunt Lucilius, Horatius Per-
fins. Sed olim carmen quod ex variis poematibus confiabat fa-
tira vocabatur, quales fripferunt Pacuvius & Ennius. SAN.
49 HÆRENTEM CAPITI MULTA cuM LAUDE coRoNAM]
Il fait allufion aux Couronnes dont on avoit accoutumé de cou-
ronner les Statuës des Poëtes qui étoient consacrez dans les Bi-

bliotheques publiques. Perfe, dans le Prologue:

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At Romanus homo tametsi res bene gefa ef,
Vulturis in fylvis miferum mandebat Hemonen.
0 Tite, tute Tati tibi tanta tyranne tulifi ,
At tuba terribili fonitu taratantara dixit.

Ces vers, & beaucoup d’autres encore, que je pourrois rapporter, font très-affurément gravitate minores. Et c’est pourquoi Lucilius les avoit condamnez. Mais voici une preuve qui met la chofe hors de toute contestation. Sur ce vers de l’onziéme Liv. de l’Eneïde. |- tum late ferreus hafis Horret ager.

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