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maladies Chirurgicales leur appartiennent pleinement. * * v. le second Des preuves tirées du droit, il résulte que la Science chirurgien/, j de la Chirurgie a toujours été confiée aux Chirurgiens par les Loix. * * v Pag. %.

Les preuves tirées du fait, établissent que nulle Loi n'a IJ* assujetti les Chirurgiens à la direction des Médecins dans la cure des maladies Chirurgicales. * * v.Pag. Ij.

Des preuves relatives à l'intérêt public, il résulte évi- à *7, demment que la confirmation de la Déclaration de 1743. & la manutention des droits, honneurs & priviléges des Chirurgiens de Paris, produiront infailliblement l'accroissement de la Chirurgie la sûreté des malades, la modicité de leurs dépenses, & le secours des Militaires, ce qui est également utile & très-important au Public. * * v. pag. 17.

Les preuves de Droit se tirent d'une législation con- à 3<" stante & suivie depuis le Régne de Saint Louis : car elle a établi & confirmé de Régne en Régne tous les droits , honneurs ôc Priviléges des Chirurgiens de Saint Côme , & n'a jamais varié fur l'essence de leur profession, dont l'objet est renseignement libre & l'exercice plein ôc indépendant de l'Art ôc Science de Chirurgie.

La Faculté de Médecine a reconnu elle-même dans ses Décrets, * ôc conformément au partage fait de l'Art de * De 1 î s:, guérir en 1 jpo. par le Réglement de Charles VI. que les ?J,jf/à osé Médecins doivent pratiquer paisiblement avec les Chirur- nier la r*p']f giens de Paris : que ceux-ci font les vrais Maîtres de la crets, mais les Chirurgie , les seuls Professeurs en la Faculté de Chirur- ^Jfren8* "ntjk , & vrais Médecins-Chirurgiens. de lei re~

6' ° tr \ présenter.

Les preuves de la possession des Chirurgiens, résultent aussi de l'usage observé dans les consultations : de l'instruction des Elèves en Chirurgie : des leçons : de leurs

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examens & actes de probation : de l'exercice de la Chirurgie : de l'étendue de cette Profession : de l'iníéparabilité de l'Art & de la Science de Chirurgie; 6c enfin des Inscriptions publiques de leurs Ecoles.

Ces différentes preuves rendent incontestable cette vérité décisive, que les Chirurgiens ont droit d'enseigner & de former leurs Elèves, & qu'ils doivent par conséquent être libres & indépendans de la Faculté de Médecine, tant dans les actes du Collége de Chirurgie, que dans la cure des maladies Chirurgicales ; c'est en quoi consistent principalement les droits des Maîtres en Chirurgie.

II est même de l'intérêt du Public que cela soit airìsj, pour entretenir la paix & l émulation entre les Médecin & les Chirurgiens. Destinés à coopérer au bien des Ci toyens dans l'exercice de l'Art de guérir, chacun dans !a partie qui leur est propre, il ne doit y avoir aucune domi nation entr'eux ; chacun de ces Corps a son Domaine cir conscrit & limité: le traitement des maladies internes appartient aux Médecins; celui des maladies externes est l'appanage des Chirurgiens : les uns & les autres doivent par conséquent se renfermer dans les bornes & dans les droits de leur état.

Cette indépendance est même fi nécessaire pour le progrès de la Médecine & de la Chirurgie, & conséquemment fi utile au Public, que S. M. a établi la même indépendance dans les Hôpitaux Militaires par ses Réglemens „. paj. j*. de 1732. ôc 1747. où il est déclaré * que le Médecin aura suv* le traitement des maladies internes, & le Chirurgien Major celui des maladies externes, sans aucune dépendance l'un de l'autre ì à l'égard des maladies mixtes, il leur est 5

enjoint d'agir de concert, & de se prêter des secours mutuels suivant l'exigence des cas, ce qui se pratique aussi à Paris entre les Médecins ôc les Chirurgiens dans ïa cure des mêmes maladies, où chacun opère en Maître & librement dans la partie qui lui est propre , tant pour le régime que pour les remèdes.

Les Contrats passés entre les Médecins & les Barbiers qui exerçoient autrefois la petite Chirurgie, l'union de ces Barbiers avec les Chirurgiens de S. Côme en 1656. ni toutes les entreprises des Médecins pendant cette union, n'ont donné aucune atteinte à Indépendance des Chirurgiens dans I exercice de la Chirurgie; les Barbiers exerçoient la saignée plusieurs siecles avant les Contrats qu'ils ont passé dans les derniers tems avec les Médecins, & il n'y avoit aucune dépendance envers ces Docteurs pour cette partie -de I'exercice de la petite Chirurgie; lorsqu'un malade avoit besoin d'une saignée, il choifissoit parmi ces Phlebotomistes celui qui lui convenoit; & lorsqu'un de ces mêmes Phlebotomistes étoit appellé par plusieurs malades, il préférois celui qui étoit le plus pressé, ou qui l'interessoit davantage; le Médecin qui conseilloit la saignée ne réglois ni le choix du malade ni celui du Phlebotomiste* fl n'avoit aucun droit de gêner la liberté de l'un ni de l'autre. Aussi n'a-t'on jamais jugé à propos d'etablir contre cet ordre naturel aucune loi coactive, & le Public n'en a toujours été que mieux servi. Un Chirurgien ne peut exécuter une saignée, que le Médecin prescrit, que par Kordre du malade; aïníï lorsqu'en pareil cas le malade ne juge pas à propos d'être saigné, le Médecin n'a aucun droit de s'en plaindre. Et lorsque le Chirurgien croit que la saignée pouira être funeste au malade, il est obligé en con* 6

science de l'en avertir, afin qu'il puisse prendre tel parti .qu'il jugera le plus convenable pour sa sureté. S'il se décide par la confiance qu'il a en son Chirurgien, ou s'il appelle des Médecins pour se déterminer avec plus de précaution par leur avis, tout est encore réglé alors par la confiance & la volonté du malade: mais íi la saignée n'est point suspecte, le Chirurgien lui-même est porté par différens motifs à l'exécuter lorsque le malade y acquiesce i ainsi c'est toujours le malade, & non le Médecin jii le Chirurgien qui décide : U ne peut donc y avoir fur ce point aucune loi qui oblige le Chirurgien à obéir au Médecin, puisqu'ils n'ont ni l'un ni l'autre aucun droit sur la volonté du malade, ou de ceux à qui il peut appartenir de décider, ou acquiescer pour les malades mêmes. Le Médecin qui consulte ne peut donc rien exiger du Chirurgien , c'est aux malades mêmes que le Chirurgien doit obéir alors autant que sa conscience peut lui permettre.

II n'y avoit non plus aucun assujettiíTement personnel de ces Barbiers envers la Faculté de Médecine ; ils ne dépendoient que des seuls Chirurgiens de Saint Corne, comme une branche dépend naturellement de son tronc: c'étoient les Chirurgiens de Saint Côme qui les examinoient, & qui leur donnoient le droit d'exercer. Jamais les Médecins n'ont osé tenter aucune entreprise pour les soumettre à leur domination : la Médecine n'avoit par elle-même aucun droit, aucune supériorité sur les Barbiers mêmes : les engagemens qu'ils ont depuis contracté librement avec la Faculté de Médecine vers la fin du seiziéme siecle, ne les ont assujettis en rien dans l'exercice de leurs fonctions chirurgicales; ils se sont seulement obligés de payer un tribut à la Faculté pour les Leçons quel#

le feroít donner aux Compagnons Barbiers par l'un de ses Membres sur la petite Chirurgie qu'il leur étoit seulement permis d'exercer : de jurer qu'ils reconnoiflbient les Médecins pour leurs Précepteurs, & de les appeller à leurs examens pour la reception des Maîtres qui íe faisoit par les Chirurgiens de S. Côme ; mais d'ailleurs nul autre assujettissement. *

L'union des Barbiers avec les Chirurgiens de S. Côme entraîna une partie de ces engagemens dans la Communauté de ces deux Corps réunis ; mais l'assujettissement aux leçons du Professeur de la Faculté fur la petite Chirurgiecessa dès l'instant même de cette union, tous les efforts que les Médecins ont fait pour y contraindre les Chirurgiens ont été inutiles : la sagesse des Magistrats a toujours laissé aux Chirurgiens, pendant tout le tems de cette union comme auparavant,Tinstruction des Elèves en Chirurgie : Ces Chirurgiens ont de même été maintenus * *Statutsde? fans aucune dépendance dans l'exercice de leur Pro- ^a Cwnmu1 naute des

*~ La Faculté pour nous prou

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ver l'excellence de Ion Ecole de Chirurgie , se vante d'avoir eu pour élevés les Thierry, les Hery, les Paré , & d'autres grands Chirurgiens du Collège de Saint Côme; mais comment accorder cet anacronifme avec l'étudition dont la Faculté se pique f Sa prétendue Ecole de Chirurgie n'existoit pas encore , lorsque ces Maîtres ont appris la Chirurgie, & elle s'éclipsa presque dès si naissance. Les Médecins qui n'a voient pour objet que de s'assu jettir les Barbiers, & de s'assurer une rétribution annuelle , négli

gèrent Tinstruction des garçons Chirurgiens»
Barbiers :1a Communauté des de S. Côme
Barbiers de son côté cessa de r^99- aíC-
payerl'honoraire, ce qui donna
lieu en 16"$ 6. à un procès où il"
fut ordonné à la Faculté par Ar-
rêt du Parlement de recommen-
cer . leurs leçons aux Compa-
gnons Barbiers. 11 y eut encore
dans la fuite de la division entre
ces deux Corps, qui fe réconci-
lièrent de nouveau en 1644;
ainsi ces leçons furent presque-
toujours interrompues, & ensim
elles fui ent entiérerement étein-
tes eu 1656"*

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