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mérés plus naut(p. 36 seq), il n'a pas omis de noter la répartition et la fréquence des maladies qu'ils avaient décrites dans les pays qu'il traversait.

(S) Sur la Longévité.

10. — En « Barberia » Léon déclare que la durée moyenne delà vie est de 65 à 70 ans (i, 29); elle s'y élève dans l'Atlas jusqu'à 80 et 100 ans (n, 42) (i, 29), pour se maintenir vers ce chiffre en « Numidia » I, 29), et s'abaisser vers 60 ans en « Libia », vers moins de 60 ans au Soudan. L'impression de Léon est-elle juste? Guyon la croit exacte pour la « Barberia », où il a relevé, consultant simplement les épitaphes romaines retrouvées en Algérie, 79 personnages morts au-delà de 70 ans, dont 9 au-delà de 100 ans (7. c, pp. 247-256).

v) Sur le caractère et les mœurs.

11. —Il est assez curieux que Léon ait basé sa description des différents caractères par lui rencontrés en Afrique, sur les zones climatiques plutôt que sur une classification ethnographique, — et ne l'ait pas agrémentée à l'arabe d'un résumé de physiognomonie, « Kiàfàh et Firâsah ».

Il reconnaît aux gens de « Barberia » les qualités et les défauts des peuples déjà affinés et vivant de vie sédentaire sous des gouvernements organisés; ils sont dévots et superstitieux «... tuttele... moli délia nalura... tengono... per atli divini.. » (i, 32). Ils sont très commerçants, d'esprit subtil et changeant, querelleur ou mélancolique, de jalousie farouche (Cfr. Bakri, p. 400 sqq.). Les habitants sédentaires de Numidia (1) sont moins policés, moins instruits, plus rusés et plus inventifs, plus hardis. Quant aux Arabes et aux Berbères nomadisant au fond du Sahara, Léon donne en quelques mots leur caractère actuel : généreux, gais et simples, mais passionnés brigands, assassins même à l'occasion, et peu fervents en fait de religion.

Au sud vivent les nègres, doux et insouciants; tout au plaisir du moment, ils vivent sans compter, ni réfléchir. L'élément nègre

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s'accroît constamment dans les villes du Sud du Maroc (vi, 15), et il a pris une très grande importance depuis le xvi6 siècle. Léon signale déjà que le chef de Tensita avait délégué à Fàs un nègre comme ambassadeur (il, 69). Léon signale les métis haralindu Dra'ah.

GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE ET SOCIOLOGIQUE

I. — Richesses naturelles

A) Mines.

(Cfr. Mullet, Minéralogie arabe, Paris, 1868).

1S. — Nous réunissons sur la carte ci-jointe l'ensemble des mines et grandes carrières (1) citées par Léon. On remarquera que la mine d'antimoine des « Beni Besseri » vient d'être retrouvée à « Béchar »; celle d'argent du Sous est célèbre (voir § 57, 225); c'était la mine de Tamaddoult ou Tamdalt, une des quatre grandes mines du moyenâge mag'ribin, avec celle de Da'ï (Tedla) {cuivre), et celles de fer du Jabal H'adid et d"Aoûâm (voir § 48, 233). Ces anciens gisements n'avaient que de faibles filons, exploités sur une petite échelle; ils sont maintenant épuisés (Cfr. Lemoine, ap. B. C. A. F. Supp. p. 168169, 1905).

Léon signale aussi le commerce de la cornaline Caqîq). Sa distinction du sel en trois classes v berrettino », « bianco », « rosso » (ix, 62) est prise à Ibn-baït'ar.

R) Zones botaniques et cultures.

(Cfr. A. Brives. Notes de voyage au Maroc, 1905).

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13. — Léon fournit une série de renseignements là-dessus (Cfr. Zones de Cosson, ap. Bull, soc bot. fr., t. xx, p. 49).

Première zone (Barberia) : de l'Atlas à la Méditerranée (palmiernain, asphodèle, cèdre, lentisque. et zones à h'alfà) (1).

Léon connaît dans cette zone:

a) Des plaines (0-600 mètres d'altitude) assez « grasses », coupées de loin en loin de broussailles, lentisqucs (n, 17), cormiers (m, 13), cerisiers sauvages, sorbiers (g'abirà, A), (î B. m, 7). Ibn Baïl'ârqui y a longuement herborisé nous révèle l'aspect original de la flore herbacée de plaine et de colline, dès le xnic siècle, les noms de la menthe (tikoutàn, B.), (m, 50), renoncule (tazg'allât, B.),(iu, 137), cynara (i, 302), pyrèthre (i, 302), meum (tàms'àourt, B.), (i, 302), polypode (tas'tiouân. B.),(i, 311), cchium violet (foùd laqom, A. m, 236', petite centaurée (qlîlou, B.), (m, 115), buphthalme (amallàl, B.), (i, 279), conyza(tarhila, B.), (n, 401), arum (irna, B.),(tii, 249), chardon(lîmâq, B.), (m, 31), origan (sa'tir (2), A.), (n, 371), struthium (n, 249), berberis (at'rar, B.), (m, 207), ache à grandes feuilles (yak'sîs, B.), (m, 1521, fougère mâle (afarsaq. B.), (H, 242), valériane (çarfah. A.), (il, 331), réglisse (soûs, A.), (n, 300-311), valériane nard (asmimîn. B.), (n, 297) et de quelques champignons (m, 37) ; il indique les sobriquets arabes qui supplantaient les vieux noms berbères comme Abou immout (i, 210), Abou qâlis (3) (qui a un bonnet, Linaris), Abou g'assalah et Abou Malik, deux scrofulaires de Fez (m, 107) (voir aussi plus loin). Il permet d'identifier quelques broussailles de Léon avec le cotoneaster Coùsaja, n, 482, m, 326), le rhamnus lamîlîlîs, B.), (i, 12, traduit A. çofairâ), le rhamnus spécial à Ceuta (àqs'roùa. B.), (i, 12) et les nombreux tamarix (tharfah, i, 13), voisins de ceux de la zone saharienne (at'al, tâkout, l, 26).

Léon a négligé cette flore spontanée pour les zones cultivées. D'abord, de 0 à 300 mètres. Les céréales : le froment, qui fait la

(1) C'est la zone des terres noires. Leur origine semble éclaircie par l'observation communiquée par M. Maupas; l'analyse d'échantillons rapportés par M. Dol'tté lui a fourni exclusivement des nématodes sahariens (genre Cej)halobus), sans un seul de l'humus lacustre tellien (genre llabditis),

(2) D'où peut être le nom de Ça'tir à Fez (uoud, p. 46).

(3) Cf. « tamert-ou-issoun, B. » « barbe d'ogre » (ni, 233).

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