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HISTOIRE

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GRAND CHEVALIER TIR AN LE BLANC.

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T RO IS IE'ME PARTIE.

11 E N D A N T que Tiran se rétablissoir de ses blessures , l'Empereur reçut une Lettre conçue en ces termes , & que l'armée des Chrétiens écrivoit à Tiran.

"O la meilleure épée qui soit au mon- «, de , ton courage est connu de Dieu & « de toute la terre. Nous craignons qu'il « ne nous arrive quelque désastre dans ,« notre Camp , nous teconjurons devenir « Tome II, A prom-« » promtement à notre secours. Après » Dieu c'est toi que nous invoquons; », notre salut dépend de ton retour. Notre » attachement pour ta personne est extrê» me ; fi ta te laisses fléchir à nos prieres , » puisse ce que tu aimes avoir pitié de toi, » & ne te rien refuser de tout ce que tu lui demanderas.

Il en falloit moins à l'Empereur pour lui faire comprendre l'affreux état où son armée étoit réduite. Cependant il demeura trois jours sans remettre la Lettre à Tiran , ne sçachant fi il ne feroit pas mieux d'attendre qu'il fût rétabli. Il la remit à la Princesse Carmésine,afin qu'elle l'engageât à hâter son départ.

La Princesse s'étant rendue chez Tiran, lui dit en l'abordant : Fleur , qui brillez parmi les plus belles , voyez combien tous nos Soldats vous désirent, & comment ils s'écrient : Où est ce brave Chevalier ì où est le Vainqueur des batailles? Nous n'avons d'espérance que dans son retour. Voici la Lettre qu'ils vous ecrivent ; elle est adressée au meilleur de tous les Chevaliers , ce ne peut être qu'à vous. Tiran prit la Lettre , la lut, & la montra à l'Imperatrice , & à tous ceux qui la fi»ivoient. Si vous vouliez, brave Chevalier, lui dic

alors

alors la Princesse , si vous vouliez vous rendre au Camp, votre seul aspect feroit trembler nos ennemis, & leur défaite feroit assurée. Si vous refusez de partir pour l'amour de nous, fahes-le du moins pour la satisfaction de votre courage. Tiran lui répondit : Madame , les prieres de V. A. & celles de l'Empereur font des ordres précis. Commandez feulement, & je fuis prêt, s'il le faut, à donner ma vie. Ayez donc la bonté de dire à l'Empereur , que pour son service, &c pour le vôtre, je ferai tout ce qui dépendra de moi tant que je respirerai. Il prit alors une des mains de la Princesse, & lui fit une espece de violence pour la baiser.

L'Imperatrice après cette conversation se leva , ayant son Pseautier à la main, & fut dans un coin de la chambre dire son Ossice avec une Demoiselle, qui lui répondoit. La Princesse demeura avec Tiran , Stephanie , la Veuve Reposée y èc Plaisir de ma vie. Tiran lui prenoit à tout moment-la main , & la baisoit. La Princesse ne put s'empêcher de lui dire í Je vois que plus je mets d'obstacles à voá'déíîrs , plus ils augmentent. Je ne vous accorderai point ce que vous voulez. L'on méprise aisément ce que l'on obtient sans

Ai peine.

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