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L'éditeur se réserve le droit de traduction en toutes langues.

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RAPPORT A L'EMPEREUR. E 3741

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SIRE,

Nous avons l'honneur, conformément au décret du 3 février 1864, de rendre compte à Votre Majesté de l'état de nos travaux pour la publication de la Correspondance de l'Empereur Napoléon l'".

Dans notre dernier rapport, nous avons soumis à votre Majesté les principes qui devaient nous guider; l'expérience nous a prouvé qu'ils étaient bons.

Nous avons voulu éviter les trop nombreuses répétitions de la même pensée, souvent reproduite dans plusieurs pièces presque identiques. Ceux qui ont étudié la méthode de travail de l'Empereur savent que, quand Napoléon le donnait un ordre, il en surveillait lui-même l'exécution, notamment lorsqu'il s'agissait d'opérations militaires : il écrivait coup sur coup des lettres de rappel même à des agents secondaires. Est-il besoin de faire ressortir ce qu'une pareille répétition de détails aurait d'inutile et de fâcheux?

Notre principe invariable a été de ne jamais modifier ou tronquer un des documents publiés : nous donnons les textes avec une scrupuleuse et même minutieuse exactitude. Nous tenons à le rappeler pour rendre tout malentendu impossible.

Que Votre Majesté veuille bien remarquer à quelle épreuve nous soumettons la mémoire de Napoléon Ie: nous mettons en pleine lumière tous les actes de son gouvernement, nous

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découvrons le secret de ses pensées les plus intimes. Quel est le gouvernement au monde qui s'est montré à l'histoire avec une aussi complète franchise? Aucun autre gouvernement en France n'a agi avec la même libéralité, avec la même confiance dans le jugement de la postérité. Bien loin de laisser publier leurs documents, quelques-uns ont pris des mesures de précaution contre la possibilité de publications compromettantes : un grand nombre de pièces fort importantes ont disparu de nos archives.

A l'étranger, nous ne voyons guère qu'un seul gouvernement dont la dynastie règne qui ait rendu publics les écrits de son fondateur; mais la correspondance politique tout entière a été exclue de l'édition des cuvres de Frédéric II de Prusse, ainsi qu'il est d'ailleurs indiqué dans la préface.

Nous avons foi dans la raison publique; nous croyons que la lumière de la justice pent pénétrer toute l'æuvre napoléonienne, et nous attendons du temps et des hommes éclairés d'apprécier toute l'importance de cette loyale publication.

Depuis l'année 1864 que fonctionne la nouvelle Commission, nous avons fait paraître les XVI, XVII, XVIII, XIX° et XX® volumes. Si notre travail n'a pas marché plus rapidement, c'est que nous avons cru devoir faire des recherches dans les différents dépôts d'archives, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Portugal. Ces recherches, si réduites qu'elles aient été dans leurs dépenses, ont amoindri notre fonds disponible, et nous nous sommes trouvés hors d'état de subvenir aux frais d'impression d'un plus grand nombre de volumes, sans sortir des limites de notre allocation. C'est pour éviter à l'avenir un pareil inconvénient que nous avons demandé au ministère de la Maison de l'Empereur et des beaux-arts de faire passer cette allocation du budget ordinaire dans le budget extraordinaire. Ce transport rend à un crédit essentiellement temporaire la place qu'il doit occuper parmi les dépenses non permanentes.

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Nous avons utilisé le temps que nous donnait la modicité de nos ressources à examiner les pièces bien au delà de l'époque à laquelle l'impression est arrivée. C'était un moyen de diminuer nos frais généraux et de hâter la fin de notre travail.

Nous pouvons aujourd'hui entrevoir avec quelque certitude que

la correspondance de 1811 à 1815 nous demandera six volumes; que de 1815 à 1821 les quvres de Napoléon ne formeront pas plus de trois ou quatre volumes, et que ces neuf ou dix volumes pourront être terminés dans deux ans.

Veuillez agréer, Sire, l'hommage du profond et respectueux attachement avec lequel je suis,

De Votre Majesté,

Le très-dévoué Cousin,

Le Prince,

Président de la Commission,
NAPOLÉON (JÉRÔME).

Paris, le 15 avril 1867.

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